juin
La gestion emotionnelle
Bonjour,
Plus j’observe, plus j’agis, plus j’expérimente, plus je constate simplement que les émotions sont déterminantes à chaque instant de la vie.
Il semblerait pour les chercheurs que la réflexion consciente est basée sur l’émotion. La prise de décision consciente est basée, au niveau du cerveau, sur l’estimation de l’état émotionnel découlant de la décision prise.
Selon Damasio (fameux neuropsychologue) il existe deux types d’émotions:
- les émotions primaires que la nature nous a dotés dans sa logique de survie,
- les émotions secondaires, résultant du processus d’apprentissage au cours de la vie, et des modifications des émotions primaires.
Cette deuxième catégorie des émotions secondaires est celle qui m’intéresse aujourd’hui.
Je vous pose la question suivante : Pourquoi n’est-il pas concevable pour un individu lambda, qu’il est possible de jouer avec un couteau de la même manière qu’avec un ballon ?
Cette question en rebute beaucoup d’avance et je le sais, le simple fait de s’imaginer attraper un couteau lancé, avec les mains, provoque de l’effroi chez la majorité d’entre nous.
La réalité, c’est que mécaniquement le corps est entièrement capable de gérer ce genre d’activité en toute sécurité. La seule limite est l’émotion générée qui va impacter la réaction corporelle.
La peur va par exemple vous raidir, vos gestes seront crispés, ce qui expose à une plus grande probabilité d’accident (voir la garantie).
Si je dessine une bande de 10cm de large sur le sol, vous êtes capables de la suivre méticuleusement sans s’écarter un instant et ce pendant des heures.
Maintenant considérez une planche de 10cm de large pour traverser un fossé, la majorité d’entre nous serions bien incapable de le faire pendant des heures.
Dans un cas, la peur ne vient pas interférer avec le mouvement, et dans l’autre si. Pourtant là encore, la tâche à accomplir est entièrement réalisable mécaniquement et sans problème de sécurité.
Les émotions ressenties durant une action dans un contexte particulier vont fortement influencer les résultats sur lesquels débouche l’action.
Qu’en est-il alors de la gestion émotionnelle ?
Pourquoi lorsqu’on tombe de cheval, il est souvent conseillé de remonter tout de suite en selle ?
Simplement pour ne pas associer l’action de monter à cheval avec le choc émotionnel de la chute.
Quelles différences entre se cogner le pied dans un meuble les mains vides, et se cogner dans le même meuble mais avec une tasse toute bouillante de café ?
Simplement dans le second cas, la joie de ne pas avoir tâché vos vêtements ni renverser du café sur le sol, vient contrebalancer la douleur.
Dans le premier cas votre esprit est focalisé sur la douleur, et vous vous mettez en colère contre vous même pour votre maladresse.
La gestion émotionnelle c’est simplement de manière consciente choisir l’émotion que l’on veux associer à une action et un contexte.
D’où l’importance de sortir le plus possible de la zone de confort pour obtenir des résultats.
La zone de confort c’est la zone d’état émotionnel neutre. Elle est délimitée par l’ensemble des émotions secondaires conditionnées qui vont déterminer la prise de décision pour rester dans un état neutre.
Exemple :
- J’ai peur du rejet.
- Je vois une femme toute mignonne.
- Ma peur du rejet (émotion secondaire) conditionne ma décision de ne pas aller l’aborder pour ne pas souffrir du rejet.
- Je reste dans ma zone de confort.
La gestion émotionnelle dans ce cas, est justement de se déconditionner de cette peur du rejet.
Un bon moyen d’y arriver est de se placer dans un contexte émotionnel de jeux.
Le jeu est le moyen le plus bénéfique pour l’apprentissage. Il est émotionnellement positif. Il efface petit à petit les émotions négatives de l’action et du contexte.
Si l’on rajoute que les émotions se transmettent, et conditionne votre entourage, je voudrais poser ici un question : Que penser de l’intérêt d’un enseignement lorsque l’émotion associée au sujet par le professeur est de l’ordre de la frustration, du je-m’en-foutisme, et de la désillusion ?
Que penser alors, par exemple de tous ces jeunes professeurs de maths, physique, philo, géo … qui se sont retrouvés à faire un Capes à défaut de pouvoir avoir une carrière universitaire de prestige ? Car pour avoir côtoyé l’université pendant longtemps, 95% de ces gens se sont retrouvés là sur une voie de garage, avec la frustration de ne pas être assez bon pour faire une agrégation, un doctorat et de la recherche.
Je pense au delà de la polémique, qu’une aptitude, qu’un savoir, se transmettra mieux si le contexte émotionnel associé à la source est positif. C’est presque une tautologie pour moi !
Dans la pratique, autant que possible, associez la joie, des émotions positives là où vous éprouvez de la difficulté. Jouez, amusez-vous, souriez ! La base est là.
C’est difficile de sortir de sa zone de confort. Il faut juste penser qu’après elle sera plus vaste et plus souple. Et vous serez plus libre !
Mettez-vous au défi sur une tâche particulière qui vous rebute. Faite un travail préalable en cherchant à tourner cette tâche en un jeu, et mettez-vous à jouer.
Le corps lui fera le reste, il est capable de beaucoup plus que les gens ne l’imagine.
Juste il faut oser sortir de sa prison mentale et émotionnelle !
Et n’oublions pas : sourions, respirons, faisons-nous du bien, et relâchons-nous !
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