logo logo

Frappe et Systema

Frappe et Systema

Bonjour,

En m’entraînant en début de semaine, il m’est paru nécessaire d’expliquer un peu le principe des frappes au Systema.

C’est en comprenant pourquoi on fait les choses,  dans quel état d’esprit les faire,  et quel est le but recherché, que l’on progresse vraiment.

C’est la clef d’une bonne progression au Systema.

Un même exercice donnera des résultats totalement opposés selon l’intention qui y est mise, consciemment ou inconsciemment, et la compréhension de l’exercice en lui même.

En teneur on peut faire des pompes pour se détendre, ou des pompes pour se tendre, et pourtant on fait des pompes, l’effet sur le corps sera différent.

Une autre barrière à la bonne compréhension est  la projection consciente ou inconsciente qui altérera l’interprétation d’une démonstration, en teneur, on comprendra ce que l’on est disposé à comprendre.

Au systema, l’explication de ce qui est recherché comme effet est plus importante que la démonstration, puisque qu’avant tout il s’agit d’un travail sur soi.

C’est le cas particulièrement sur les frappes systémiennes qui interpellent tellement.

Je précise que je me place dans le cadre de l’école Ryabko, qui est la seule école que je travaille. Je n’ai pas assez d’expérience sur les autres styles russes pour me permettre une quelconque appréciation.

Pour revenir au cours,  nous étions donc en train de travailler les frappes avec chaque partenaire en mouvement.

L’instructeur venait de faire une très jolie démonstration, avec grand renfort de cassage de structure, et de pliage de corps comme on sait si bien faire au Systema.

Cependant mon partenaire au bout d’un certain temps était dans une détresse face à son incapacité à produire chez moi les mêmes effets que l’instructeur sur son partenaire de démonstration.
Non pas que je sois invincible au contraire, mais simplement il essayait de reproduire un effet mécanique, en ne travaillant que sur cet aspect lors de ses frappes.

Or dans l’école Ryabko, le travail est essentiellement psychologique, l’effet mécanique n’étant qu’une conséquence d’un effet psychologique.

En effet, chaque individu possède des zones plus ou moins faibles, où sont logées les peurs, les tensions.
Par exemple, après un bon repas, demandez à ce qu’on vous frappe le ventre, je vous garantie que vous serez plus crispés qu’à jeun. C’est normal, la zone est en surcharge de tension, le sang y est concentré, vous vous sentez lourd, pas très à l’aise, empoté, et donc votre sensation intérieure exprime plutôt de l’inconfort que le contraire. Dans ces conditions encaisser un coup est presque une mission périlleuse, et le stress induit aura un effet physique de génération de tension du corps.

Pas forcément besoin d’attendre que quelqu’un sorte d’une bonne table. Chacun avons nos propres peurs, faiblesses, douleurs qui logent en nous et ce sont des zones qu’on va protéger en priorité face à un danger.
Ce qui forcément va produire un effet sur la structure. Mais cet effet n’est qu’une conséquence d’un travail sur le plan psychique.

C’est en cela que les frappes au systema sont très particulières, puisqu’il ne s’agit en aucun cas de réaliser la meilleur pression au centimètre carré, mais de produire un effet dans l’esprit de la personne qui va interferer avec le mouvement mouvement qu’elle est en train de réaliser.
Je ne dis pas qu’il est interdit de travailler sur la structure directement, au contraire, mais ce n’est pas le plus important.

Dans le style Ryabko, le travail est essentiellement psychologique, sensitif. A chaque individu sa psyché particulière. En cela, l’adaptation est essentielle puisqu’il faut écouter, lire chaque individu, chaque partenaire pour trouver les leviers psychiques qui donnent le support à une manipulation physique minimale pour un effet maximal.

Cela est difficilement compréhensible pour une personne dont la vision martiale est uniquement basée sur un aspect biomécanique et structurel. Parler de pression, de vecteur, de transfert d’énergie n’est pas inintéressant en soi, mais ce n’est pas la propos dans ce qui est enseigné dans l’école Ryabko.

Il n’y a pas non plus de frappes lourdes en soi, comme on peut les trouver ailleurs, si tant est qu’on puisse parler de frappe lourde. Il n’y a que brèches et supports dans le corps, qui donne l’opportunité à celui qui sait lire, de pénétrer profondément le corps. Si je frappe un plexus très tendu, l’effet se propagera profondément. Au contraire un plexus relâché pourra seul suffire à gérer le coup, et donc les effets de la frappe resteront en surface.

On voit bien que les peurs, les tensions, et la perturbation du mouvement sont les fondements du travail et c’est l’écoute, l’attention, la sensibilité intuitive à l’égard d’autrui qu’il est nécessaire de développer en tout exercice !

Pas d

bottom


8 Réponses à “Frappe et Systema”

  1. Bebs dit :

    Salut Dom !
    Intéressant cet article :-) il ne suffit pas te taper comme un bourrin !
    Je suis content de voir que tu écris toujours sur le blog. à+

  2. IK dit :

    Bonjour ,

    Encore une fois un super article.
    Cela fait plaisir de vous relire ; vous avez été « absent » pendant trop longtemps et vous m’avez manqué !!!

    Si je vous ai bien compris r cela signifierait que si une personne est complètement libérée de ses tensions elle deviendrait …invulnérable.(j’exclu de ce raisonnement les frappes aux visage , aux parties et autres articulations)

    Je conçois la chose mais le principe même de l’invulnérabilité me gêne car il devient vite source d’orgueil,et donc à l’origine d’une nouvelle fragilité.
    La clef ne se trouve t-elle pas dans la vertu d’humilité elle même génératrice beaucoup d’autres qualités conduisant à un lâcher prise psychologique , physique et spirituelle permettant d’absorber jusqu’à une frappe ?

    J’ai peur de ne pas être très clair là …

    Très cordialement.
    IK

  3. CoachDom dit :

    Au contraire, Ivan vous vous faites bien comprendre ! :)

    Au mot invulnérabilité, je préfère parler de liberté. Liberté de mouvement, liberté d’action.
    Le mot invulnérabilité se pose déjà dialectiquement dans le domaine de la confrontation, et donc de l’égo. Et donc le cheminement de pensée est clairement tracé et votre déduction très logique.

    Je me souviens d’une anecdote la première fois que je suis allé à Moscou.
    Mihail buvait avec nous autour du feu de camp et c’était une session de question réponse.

    A un moment il nous pose la question : « pourquoi êtes-vous venu ici ? »
    L’instructeur polonais répondit : « car j’ai entendu qu’il existait des hommes capables de se défendre contre tout avec un seul doigt de la main »
    Clairement il était dans une recherche de puissance et de maitrise.
    Mihail répondit: »la clef, c’est qu’atteindre un tel niveau ne peut se faire que si on accepte entièrement la responsabilité qu’il induit envers nous même et les autres »
    En d’autre terme, le travail n’est pas uniquement technique, physique.
    Chercher à être meilleur par peur, par esprit de revanche, pour flatter l’égo, est limitant dans la progression.
    C’est souvent ce qui arrive d’ailleurs quand un pratiquant depuis quelque années, quitte le cours et ne revient plus car il a rencontré un nouvel arrivant qui l’a malmené.

    A l’opposé, chercher à être meilleur par amour, pour soi, les siens, la société, c’est constructif et bénéfique.

    Laquelle des deux démarches est basée sur l’orgueil ? :)

  4. CoachDom dit :

    Merci à toi Bebs d’être toujours présent malgré mon inconstance et mon irrégularité ! :)

  5. stephan dit :

    Hello Dom,
    Je parcoure avec plaisir tes articles qui complètent agréablement ce que j’ai déjà « lu sur » et « éprouvé du » Systema. Je profite de l’occasion pour te remercier des conseils « bien sentis » que tu m’as prodigués mardi soir :) Au plaisir donc!

  6. IK dit :

    Bonjour Dom ,

    Merci de votre réponse claire et de votre a-propos.

    J’ai une petite question pour vous et besoin de vos lumières sur un autre sujet.
    Je ne sais pas si c’est le but de ce blog et comprendrais tout à fait que cela ne le soit pas.

    J’aimerais connaître les recommandations « systemique » sur la manière de regarder son partenaire dans le cadre d’un travail en binôme ou en mass attack.
    De façon plus global ce qui se dit sur le regard, (la porte de l’Âme !!!), la vision périphérique , le fait de ne pas regarder dans les yeux du partenaire mais de plutôt fixer la poitrine…

    Plutôt qu’une simple réponse , peut-être que ce sujet mériterait un billet quand vous aurez un peu de temps !!

    Très cordialement.
    IK

  7. CoachDom dit :

    Merci à Toi d’être venu et de commenter ces quelques lignes perdues dans la masse :)

Laisser une réponse

bottom