Bonsoir,

Il m’arrive souvent de constater qu’en matière de nutrition, la grande majorité des gens que je rencontre sont assez peu familiers du sujet.

Ils se comportent en toute bonne foi, se basant essentiellement sur la multi-propagande issue des industriels de l’agro-alimentaire comme d’entités moins soupçonnables comme le ministère de la santé sans compter le poids des habitudes et de l’éducation familiale qui pèsent très lourd dans la balance.

Autant pour les industriels, la valeur de leurs discours peut facilement être remise en cause, autant les recommandations ministérielles ont le poids de l’autorité et de l’indépendance. Cependant il faut bien comprendre que à l’échelle d’un pays, il faut simplifier au maximum au risque avoué de faire des coupes franches et des impasses pour que le discours soit compris de tout. Il en résulte une simplification extrême qui mène à souvent à l’erreur, alors que l’individu fait confiance à l’autorité.

Bref, pour commencer, j’aimerais juste citer quelques chiffres tirés de l’excellent livre « Indice glycémique » de Mr Montignac:

  • En France en 1935 les hommes consommaient en moyenne 3500 calories par jour;
  • En France en 1935 les femmes consommaient en moyenne 2500 calories par jour;
  • En 1965 ces chiffres sont tombés à 2800 pour les hommes et 2300 pour les femmes;
  • En 2003, les hommes consommaient 2196 calories par jour et les femmes 1570;
  • Sur les 50 dernières années, l’obésité a progressé de 400% aux états unis, et de 300% en Europe.

Une autre paire de chiffres assez éloquente :

  • En 1800 en France, il était estimé que nous consommions 0,6kg de sucre par an et par personne;
  • En 2005 en France, il a été estimé que nous avions consommé 33kg de sucre par an et par personne;
  • Pour l’année 2005 les américains consommaient 63kg de sucre par an et par personne.

La première série de chiffre illustre ce que l’on appelle un paradoxe nutritionnel, qui fût découvert lors de plusieurs études en particulier SUVIMAX en France. La prise de poids augmente au niveau de la population, alors que la quantité de calorie absorbée diminue.

Cela démontre qu’une chose : Les régimes à base de restriction caloriques sont basés sur des paradigmes faux.

La deuxième série de chiffre montre l’ampleur du changement de régime alimentaire qui s’est opéré depuis la révolution industrielle, à mettre en corrélation avec les avancés techniques liées à la culture et à l’extraction du sucre de betterave.

Une conclusion vient naturellement: On mange moins , on mange différemment, on prends du poids.

Etant moi-même très concerné par ces problèmes de nutrition, j’ai dû faire l’effort de me documenter, d’expérimenter, de trier, en partant d’un poids de 132kg il y a 3 ans, à un poids de 109kg aujourd’hui. D’ailleurs, l’exercice n’est pas terminé puisque je garde toujours en ligne de mire la barre des 100kg pour bientôt.

Comme il m’est difficile dans un état avancé de fatigue, et un état pas trop loin du précédent d’ébriété d’expliquer tout ce qui va suivre sans perdre mon interlocuteur, ni me perdre moi même, j’ai décidé d’écrire cet article, qui je l’espère sera lu par toutes ces personnes à qui je n’ai pas pu répondre sur le moment, qui ne s’y prêtait pas non plus, c’était l’apéro du soir :) !

Ce que j’ai découvert, expérimenté et compris au fil de ces trois dernières années, c’est qu’une calorie n’est pas égale à une calorie.

Je m’explique.

La calorie est une unité de mesure physique de la quantité matière nécessaire, que l’on doit bruler (combustion) pour élever la température d’un gramme d’eau d’un degré Celsius.

Pour rester dans le domaine de Bacchus, on pourrait très bien dire qu’un vin rouge standard est moins calorique que de la vodka, car il faut en boire plus pour obtenir un état similaire d’ébriété. (j’aime les comparaisons foireuses). Et donc à quantités égales de vin rouge standard et de vodka (disons 1litre) La quantité de vodka permettra d’atteindre un état d’ébriété plus avancé que la même quantité de vin rouge. (Peut être même le delirium tremens).

Seulement le couik est que cette unité de mesure est physique. Elle ne relève pas de la biochimie, ni même de la médecine. En résumé, elle traite de la matière et non du vivant.

Car le plus important lorsqu’on commence à s’intéresser à tout cela, ce n’est pas tant la teneur en calorie des aliments, que leur effet sur un organisme vivant (disons le corps humain par exemple).

Et bien qu’une calorie de salade augmente de la même manière la température de l’eau qu’une calorie de sucre blanc, leurs effets respectifs sur l’organisme sont totalement différents. C’est ce qu’on appelle la métabolisation.

Voilà sûrement une piste à creuser qui permettrait d’expliquer qu’on mange moins de calorie qu’il y a presque 80 ans, mais que la quantité d’obèse a plus que quadruplée, sans compter l’apparition de certaines maladies sociétales comme la diabète type 2, ou les maladies cardio-vasculaires.

Et oui car ignorer la manière dont le corps a d’exploiter les différents types d’aliments c’est idiot.

Premièrement ce n’est pas digéré de la même manière. La flore intestinale est variée et chacun étant plus ou moins spécialisé dans un type de calorie, produisant un type de réaction chimique, résultant différentes molécules après traitement. Sans compter sur l’aspect réaction hormonale, chaque type d’aliment, la quantité aussi produisant des sécrétions d’hormones différentes et donc des réactions sur le corps differentes.

C’est en cela que j’affirme (/!\humblement/!\) qu’une calorie de sucre n’est pas égale à une calorie de lentille.

Creusons donc et restons avec le sucre car c’est un sujet largement traité, et important.

La dernière découverte majeure concernant le sucre est l’indice glycémique. L’indice glycémique représente une mesure de la durée du passage du sucre contenu dans un aliment à partir de son ingestion, dans le sang.

En d’autres termes, plus l’indice glycémique est élevé, plus le sucre contenu dans l’aliment en question aura tendance à passer dans le sang rapidement.

Le problème qui se pose alors, est l’arrivée massive de sucre dans le sang sur un instant court. Le corps qui se voit agressé par cette élévation subite qui peut être dangereuse, déclenche alors une réaction hormonale: la sécrétion d’insuline.

L’insuline étant une hormone qui justement force le corps à extraire le sucre du sang pour le stocker sous forme de graisse (triglycéride).

Ce qui peut arriver, et nous l’avons tous peu ou prou expérimenté après un bon macdo, c’est la fringale deux heures après cette orgie de sucre. Simplement la violence de cet afflux massif du sucre sur le corps a provoqué une réaction aussi violente hormonale qui a tellement bien fonctionné,  que le taux de sucre est trop bas dans le sang. Alors forcément le corps crie famine.

A contrario des aliments possédant un indice glycémique faible, ont une diffusion beaucoup plus lente de leur type de sucre dans le corps. Ceci est du que le sucre qu’ils contiennent n’est pas la même molécule que le sucre raffiné blanc, que cela demande plus de temps pour être métabolisé. La réaction hormonale est différente, point de sécrétion d’insuline donc point de stockage (pas de fabrication de triglyceride), et puis surtout pas de fringale 2heures plus tard.

Vous allez me dire « ben oui ce sont les féculents, ou encore les sucres complexes ». Et bien non tout faux. :)

Là par exemple se trouve une mystification de la propagande. En 1978 (toujours extrait de ce fameux livre) un chercheur australien nommé Wahlqvist, démontra que la croyance que les sucres complexes se digèrent plus lentement que les sucres rapides était fausse. L’observation expérimentale montra que quelque soit le glucide (simple/sacharose ou complexe/amidons-féculent) pris isolement à jeun provoquait le même pic  de sucre dans le sang soit une demie heure après l’ingestion.

Donc les pâtes, le pain (sans compter les pommes de terre) provoquent les mêmes réactions hormonales que le sucre blanc raffiné.

Pour enfoncer un peu le clou du sucre, voici quelques effets connexes dûs à la métabolisation du sucre (simple ou complexe) :

  • accéleration de l’apparitionde  l’artherosclerose à cause de la conversion importante de sucre en triglyceride;
  • inhibition du système immunitaire;
  • production d’adrénaline multipliée par 4 (je mange du sucre donc je stress);
  • multiplication de cellules pathologique (mycose, cancéreuses);
  • interférence du sucre dans le rôle de la vitamine C;
  • accélération du vieillissement du à l’interférence du sucre dans le processus de fabrication de protéine;
  • ballonnement digestif et intoxication du colon à cause de l’amidon qui passe trop lentement dans les intestins.

Le sucre peut se cacher n’importe où. Par exemple le lait est composé de lactose qui est une molécule cousine du saccharose, et est donc du sucre tout simplement pour l’organisme.

De manière encore plus générale, le sucre se cache dans la famille des aliments que l’on nomme « hydrate de carbonne »: céréale, pain, farine, fruit, légume..

Plus on s’éloigne du raffiné, plus les hydrates de carbone deviennent complexent, avec une proportion de moins en moins assimilable ce qui explique par exemple que les lentilles possèdent un indice glycémique très faible par rapport à du riz, des pâtes, ou du pain. (yabon les lentilles).

Voilà un petit apperçu sommaire de la complexité de la nutrition.

Il est très bon pour le moral de se faire plaisir aussi :)

La prochaine fois dans cette catégorie je traiterais le vaste sujet des graisses où là encore les choses ne sont pas si évidentes qu’elles ne paraissent officiellement.

J’aimerais vous dire merci de votre ténacité à avoir lu jusqu’ici :) j’admire ces lecteurs qui subissent mon verbiage sans coup férir. Merci encore !

Et finalement entonnons d’une seule voix ce qui constitue le mantra fondateur de ce blog :

Sourions, respirons, faisons-nous du bien et relâchons-nous !

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