Aujourd’hui point trop de théories, juste un exercice simple et utile.

Les lecteurs assidus ne sont pas sans savoir que je pratique le Systema, dont un des fondements est la reconquête de la liberté respiratoire.

Respirer librement, sans entraves, sans influences, tel est le fondement d’une bonne psyché.

L’exercice est simple : marcher sans contrainte particulière.

A ceci s’ajoute un travail respiratoire, consistant à augmenter la longueur de l’inspiration et de l’expiration au fur et à mesure en prenant comme référence le nombre de pas.

En teneur cela donne :

  • 1 pas une inspiration, 1 pas une expiration (pendant 1mn)
  • 2 pas une inspiration, 2 pas une expiration (pendant 1 mn)
  • 3 pas une inspiration, 3 pas une expiration (…)
  • 10 pas une inspiration, 10 pas une expiration
  • ….
  • aussi haut que vous le pouvez.

Dans la version systemienne, une fois arrivé au palier le plus haut d’inconfort, on redescend le rythme respiratoire jusqu’à revenir à 1.

Cependant, cet exercice a prit une saveur différente à la lecture de « Bioenergetic » d’Alexender Lowen.

Le but avoué de la bioénergetique concorde avec celui du Systema : nettoyer l’indivu des tensions parasites pour le rendre libre. La finalité est différente puisqu’au Systema la liberté d’action caractérise un indivu fort, alors qu’en bioénergetique, l’objectif est d’être apte à jouir sans entraves (dans le sens premier).

Je ne fût pas trop surpris de retrouver cet exercice dans mes lectures récentes de l’oeuvre de Lowen. A ceci près que l’exercice se termine autrement.

L’objectif explique Lowen est de forcer le corps à se débarrasser des tensions profondes qui entravent le processus respiratoire (principe que l’on retrouve en technique de chant aussi).

Donc au lieu de redescendre la pyramide, Lowen explique qu’il faut alors persévérer jusqu’à la crise de pleur.

Et oui le pleur, comme le rire sont des moyens pour le corps d’évacuer les tensions. C’est d’ailleurs pour cela que l’on rie lorsqu’on nous raconte une blague. Une blague est un processus hypnotique très court durant lequel on crée une tension chez l’auditeur. La solution la plus rapide qu’à l’auditeur pour évacuer la tension aussi vite qu’elle est venue est de rire.

C’est aussi pour cela que l’on dit « femme qui rit à moitié dans le lit », la tension sexuelle générée par l’attirance qu’elle éprouve s’évacue par le rire (c’est socialement plus acceptable que pleurer).

Bref revenons à nos moutons. Lowen décrit très précisément la monté des sanglots qui prent racine dans le haut du thorax, les spasmes qui se font ressentir au niveau de la trachée et de la gorge, par saccade de contraction, processus qui prend fin par la crise (légère ou lourde c’est selon) de pleur et des spasmes thoraciques associés.

Pour l’avoir expérimenté plusieurs fois, je peux assurer que ce que l’on vit est une véritable libération. La condition est de maintenir l’inconfort qui est du à la longueur de l’inspiration et de l’expiration, le maximum possible jusqu’aux larmes.

Cet exercice n’est pas dangereux. Il force le corps à reconsidérer ses habitudes respiratoires dues aux habitudes, à l’environnement, à l’histoire et aux expériences de l’individu. Les gens ne se rendent pas compte, mais la manière dont ils respirent racontent plein de chose sur eux et sur leurs psychés.

Travailler la respiration et lui redonner la liberté de la jeunesse, est le meilleur moyen d’agir sur la psyché au quotidien. Outre le fait de mieux respirer, et une meilleur oxygénation du corps, l’indivu sera moins sensible aux perturbations extérieures et pourra mieux les gérer.

On cantonne trop souvent la liberté qu’au niveau de la pensée. C’est une diversion de nos élites pensantes pour nous mener à la baguette dans une illusion de liberté. La vraie liberté est dans l’action, et la première action que l’indivu fait du début de sa vie jusqu’à la dernière minute est respirer (un peu de réflexion pour mes lecteurs ça ne peut pas faire de mal :))

Alors amusez-vous, testez, et constatez par vous mêmes !

Et n’oublions pas : sourions, respirons, faisons-nous du bien, et relâchons-nous !

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