mai
Etre Trompé !
Bonjour,
Aujourd’hui je vais écrire un peu en dehors de ma ligne éditoriale.
Ayant écrit un article sur les bienfaits de se tromper je récupère pas mal de trafic venant de recherches Google du style (merci google analytics) :
- comment accepter d’être trompé
- je trompe mais n’accepte pas d’être trompée
- tromper accepter
- accepter de se faire tromper
- accepter d’avoir été trompé
- Et j’en passe et des meilleurs :) …
Donc globalement j’ai envie de répondre à ces gens qui cherchent sur Internet des réponses à leur problèmes de couple. En particulier car j’ai vécu cette expérience qui m’a amené moi aussi à chercher sur Google des réponses.
Et une des réponses qui m’a le plus marqué a été de découvrir un site génial : http://www.cocus.org/ .
Génial à plus d’un titre :
- pour son forum
- pour ses membres qui s’entraident
- pour la lumière qu’il peut apporter dans une période plutôt sombre et éprouvante de la vie d’un individu.
- …
Cela m’a permit en particulier de comprendre que ce que je vivais était plutôt commun.
Il ne s’agit pas de tolérer l’inacceptable, mais simplement de relativiser. Mon histoire finalement était plutôt soft par rapport à ce que j’ai pu lire sur ce site. Pas marié, pas d’enfants, pas d’emprunt, pas de maison … Bref pas trop d’enjeux sinon celui de l’amour propre et l’expérience amère de la trahison.
Alors en essayant d’éviter le ton gnangnan et moralisateur je vais essayer de répondre à ces gens.
Premièrement : » Il n’y a aucune raison de se voir forcer d’accepter ce que l’on n’accepte pas ».
Il existe des gens très tolérants vis-à-vis de la liberté sexuelle de leur partenaire. Mais selon toute vraisemblance, je doute que cela soit le cas de la majorité.
Donc si l’infidélité contrevient à vos croyances et valeurs, ne l’acceptez pas.
C’est entièrement lié à la notion de dignité inscrite dans le titre de ce blog: L’être digne.
La dignité c’est avant tout se respecter soi-même.
D’autre part, si la fidélité est importante pour vous, que votre partenaire le sait, et que toutefois il vous trompe, alors posez-vous la question de savoir comment il vous considèrera si de surcroit vous acceptez son infidélité ?
Il ne verra qu’une personne prête à se déshonorer, à se dédire, et à se compromettre pour lui, ce qui d’une part renforcera sûrement le désintérêt qu’il vous portait déjà et augmentera le pouvoir qu’il possède sur vous.
Deuxièmement : « On recolle très difficilement un pot cassé« .
Un couple est une entité composé de deux individus, reposant sur une entente et un respect mutuel initialement. L’intérêt de chacun des individus envers l’autre est élevé.
La notion de confiance est très important si ce n’est centrale dans une relation de couple.
Et en particulier la confiance repose sur l’honnêteté des rapports et le respect du contrat du couple.
Si les choses ont été préalablement mises au clair entre les partenaires d’un couple, en particulier sur la tolérance des relations extra conjugales, il n’y a pas de tromperie.
Si au contraire chacun s’est engagé à être fidèle, et qu’un use de tromperie, de mensonge pour casser cet engagement, l’honnêteté des rapports a disparu et la confiance aussi.
Il y a une différence entre évoluer, et tromper. Une relation peut évoluer dans le temps, sur la base d’une communication positive et aboutir à l’existence reconnue et acceptée de tous de relation extra-conjugale. C’est généralement une preuve de maturité d’un couple.
Toutefois le cas le plus courant est la prise d’initiative d’un des partenaires à l’insu de l’autre. Dans ce cas là, une fois découvert, la confiance éclate. Et à moins de faire preuve d’une grande force d’âme, l’intensité émotionnelle est telle, que le souvenir de la tromperie mettra beaucoup de temps à disparaître. A chaque fois que vous regarderez l’autre, vous songerez à la tromperie. Ce qui rendra quasi impossible le retour à la confiance initiale.
Ce qui me conduit au troisième point : « Vous valez bien plus que de rester auprès de quelqu’un qui vous a trompé« .
Pour parler simplement, si votre partenaire vous trompe, c’est parce que son niveau d’intérêt envers vous est plus faible que l’intérêt de l’expérience de la tromperie. En teneur vous êtes moins attirants et intéressants que l’autre.
Ce jugement de valeur ne vous appartient pas, il appartient à celui qui vous trompe.
En toute logique si vous voulez rester auprès de celui qui vous a trompé, c’est que vous estimez vous même votre propre valeur inférieure ou égale à celle que vous porte votre partenaire. Donc vous estimez qu’il est normal qu’il vous trompe :) (vous me suivez ? :))) ).
Or je doute de ce dernier point vous concernant, alors changez plutôt de partenaire, et choisissez en un qui vous estime un peu mieux.
Ce qui me pousse au quatrième et dernier point: « Les tords sont partagés«
Je sais que celui-là fait polémique et que c’est dur à entendre. Cependant dans un couple on est 2, et si le couple est un échec, alors la responsabilité est partagée.
Le but du jeu n’étant pas d’effectuer un exercice de mortification.
La question fondamentale qu’il faut se poser c’est de savoir ce qui a amené la baisse d’intérêt chez le partenaire. Au début son niveau était élevé, au point qu’il s’engage à vos cotés. Et puis un beau jour il vous trompe.
Baisse d’intérêt qui conduit généralement à la rupture (pour les honnêtes gens) ou la tromperie (pour les autres).
Personnellement c’est le jour où j’ai réussi à me poser cette question honnêtement et d’y répondre sincèrement que j’ai commencé à comprendre et à changer. La prise de conscience qui en a découlé a fait qu’aujourd’hui je suis beaucoup plus heureux que je ne pensais pouvoir l’être, même dans mes meilleurs scénarios avec la femme de ma vie de l’époque :D.
Et assez ironiquement je serais tenté de lui dire merci.
Et n’oublions pas : sourions, respirons, faisons-nous du bien, et relâchons-nous !
Gratuit :
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mai 18th, 2009 at 23:49
Merci pour cet article. Effectivement c’est différent de ce que tu écris d’habitude, mais pas moins intéressant.
mai 19th, 2009 at 14:07
Il en faut pour tous les goûts :).
C’est juste que comme les mots clefs aiguillent un certain type de trafic visiteur, j’ai envie qu’ils repartent avec ce qu’ils sont venus chercher initialement :D
Tout va bien par chez toi ?
mai 24th, 2009 at 13:57
« La liberté et la dignité humaine doivent être effectives, et il ne sert à rien de dire que chacun doit vivre libre s’il n’a pas les moyens de vivre. »
Troublante cette citation de d’henri Leclerc ;non ?
très cordialement.
IK.
juin 4th, 2009 at 05:18
Salut Dom,
Intéressant article mais la fin me dérange un peu. Non que je me pose en défenseur de l'infidélité, mais qu'en est-il du pardon? Tous les adultères ne sont pas des actes de mépris envers le/la partenaire; parfois ce sont des erreurs, des réactions de dépit, un signe de faiblesse de caractère. Le droit à l'erreur, à la faiblesse, n'existe-t-il pas au sein d'un couple? Bien sûr, il ne s'agit pas ici d'admettre l'infidélité chronique qui est clairement un signe de dysfonctionnement du couple, mais le pardon, la réconciliation, ne sont-ils pas des signes de force et de confiance? Ne vaut-il pas mieux, parfois, faire taire sa fierté, accepter le risque une deuxième fois, pour en tirer quelque chose de plus grand?
Cordialement,
Pierre
juin 4th, 2009 at 07:16
Bonjour Kat'
Dans la théorie le pardon est recevable.
Je laisse chacun le soin de juger de ce qu'il convient au mieux de faire selon ses propres données.
Cependant dans la pratique, rien ne remplace le dialogue, la communication en amont.
Ce que je suis prêt à discuter par exemple c'est de l'éventualité d'une ouverture vers des expériences avec d'autres personnes au sein d'un couple pour l'un ou l'autre des partenaires.
On en discute. Chacun expose son point de vue, et on conclut.
Maintenant dans la réalité, la majorité des gens ont peur d'aborder ce genre du sujet avec leur partenaire, si ce n'est dans un dialogue de sourd qui se veut rassurant: "non moi jamais"
La personne qui trompe, généralement n'a pas un couteau sous la gorge. Alors si elle le fait autant que cela ne se sache pas. C'est le seul conseil avisé que je puisse donner.
En fait mon point de vue est le suivant : rien ne remplace le dialogue.
Tromper est le constat d'échec du dialogue.
Une personne satisfaite et heureuse en couple n'a aucune raison d'aller voir ailleurs. Et si quand même, elle a envie de vivre certaines expérience, si elle est épanouie et heureuse dans son couple, elle n'aura pas peur d'en parler avec son partenaire. Et d'ailleurs je fais une distinction entre ce type de personne, et un trompeur.
Un trompeur fuit le dialogue.
Bien souvent d'ailleurs quand dans un couple une personne commence à évoquer le sujet, le mal est souvent déjà consommé.
Elle teste son partenaire pour connaître sa réaction si jamais elle craque devant les remords.
Sur les cas que j'ai pu rencontrer et mes propres expériences montrent cette typologie récurrente.
Alors je ne suis pas contre le pardon, mais la base même d'un couple c'est l'honnêteté dans le dialogue et la relation. Si l'un, par faiblesse, par légereté… choisit de marcher dessus, pour moi c'est un constat flagrant d'échec du couple.
De surcroît le pardon est paternisant. Cela revient à considérer le trompeur comme un enfant. Un enfant ne sait pas, alors on le pardonne, un adulte sait, donc il est responsable. Dans la vie faut assumer ses fautes.
Je ne suis pas le père de ma compagne, je suis son égale. Elle a la liberté de partir quand cela lui chante.
La question du pardon pose le problème de l'origine de celui-ci. Est-ce un vrai pardon basé sur l'amour véritable, ou un pardon basé sur un compromis avec ses propres peurs et insécurités.
En teneur, je te pardonne car je t'aime, ou je te pardonne car j'ai peur de tout perdre…
Bref, un vrai chemin de sortie de crise est d'agir en âme et conscience et selon son propre ressenti et ses propres besoins.
Pour reprendre l'expression fétiche de quelqu'un qui m'est cher: "bon n'a qu'un oeil, j'en ai deux"
juillet 8th, 2010 at 11:02
Alors c’est possible de trouver des êtres doués de cette faculté à réfléchir sur soi, à prendre ses responsabilités et qui plus est à pouvoir le relater. Merci pour votre blog, merci d’exister, lorsque je vous lis je me lis, moi qui pensais réellement être seule, un cas isolé capable de passer des heures voire une vie à étudier les rapports à soi et aux autres. Je ne suis pas psy ni sociologue mais quelqu’un de profondément authentique, aimant comprendre ce qu’elle active et qui, une fois encore, s’est heurté à la malhonneteté de l’autre. Plutôt que de de poser mes limites et de la refuser j’ai fini par en faire une affaire personnelle, une affaire d’ego alors que comme vous le dites si bien, l’autre n’est jamais responsable de l’effet qu’il peut avoir sur nous ni de notre bien-être ou de notre confiance en nous, nous sommes les seuls maîtres à bord de notre vie et les seuls à pouvoir définir ce qui peut réellement nous rendre heureux.
Vous avez décrit avec beaucoup de précision et de finesse des notions fondamentales des rapports humains que peu de personnes de mon âge (26 ans) abordent malheureusement. Je suis heureuse d’avoir croisé votre site, heureuse de vous avoir lu. Encore merci.
Maëlane
juillet 8th, 2010 at 22:59
Bonsoir Maëlane,
Bien sûr que vous n’êtes pas seule.
Je te remercie de ton commentaire, il me fait du bien en cette période de disette mentale.
Ceci dit, à 4 ans près nous sommes du même age, et cet article a déjà presqu’un an. Rien n’est perdu !
A bientôt ici ou ailleurs :) !