Dans le monde des arts martiaux il existe des sujets fondamentaux qui sont sources de nombreuses querelles et beaucoup de désaccords entre les différents pratiquants.

En particulier la distance entre la technique et la réalité.

La réponse est souvent à chercher en dehors des institutions établies du milieu des arts martiaux qui bien souvent n’ont qu’un discours intéressé pour assurer le confort de vie de leur dirigeants et représentants.

Globalement la technique en art martial est un chemin entre un point A et un point B.

Le point A est le point de départ de la technique. Je suis debout en garde par exemple face à un individu.
Le point B est la destination, ou l’objectif à atteindre. Par exemple, éviter un coup de poing, soumettre l’individu à terre, placer mon pied dans l’entrejambe de l’individu en face de moi.

La technique que l’on m’enseigne et que je répète durant l’entrainement est donc le chemin je parcours entre ce point A et ce point B.

L’erreur intellectuelle est de croire que ce chemin entre A et B est l’unique chemin possible.

En fait cette technique est comme une carte routière IGN. Quand je répète le mouvement à l’entrainement, en réalité je fais une copie de la carte routière. Mais je ne parcours pas réellement le chemin. Je ne fais pas l’expérience du chemin.

Par exemple si je décide de prendre ma voiture et d’aller du point A au point B en suivant le chemin indiqué sur la carte, à chaque instant je suis sur un nouveau chemin.
Je peux tomber sur une autostoppeuse qui me détournera de ma destination finale car c’est la femme de ma vie. Je peux très bien être obligé de changer de route car la voie est barrée par un arbre ou en travaux. Je peux aussi tomber en panne d’essence ou crever une roue. Je peux recevoir un coup de fil d’un ami qui m’invite à une soirée et qui me fait changer de destination.

En fait à chaque instant que je parcours le chemin de la carte, je suis sur un nouveau point de départ avec une infinité de direction à prendre. C’est en cela que ni la carte pour la voiture, ni la technique pour les arts martiaux ne reflètent la réalité, car la réalité n’est qu’une suite continue de point de départ.

Cela semble évident pour la carte routière, mais pour fréquenter depuis longtemps le monde des arts martiaux, cela ne semble pas évident dans ce domaine.

Alors quid de la technique ?

Non surtout pas.

La technique comme la carte routière sont utiles.

Pour quelqu’un qui a peur de voyager et qui à besoin de se rendre au point B, la carte va lui permettre d’entamer le chemin avec un minimum de confort émotionnel.

C’est très flagrant dans le milieu de la séduction. La majorité des gens qui s’intéressent à la séduction sont des gens qui globalement ont peur d’aborder.

Dans les bootcamps et autres programmes de coaching, on va donner une technique à l’individu et un objectif. Par exemple (***warning canned stuff inside***) on va lui demander d’aborder 10 jeunes femmes dans la journée en utilisant la même technique: « Bonjour, j’ai besoin de votre avis, un ami prétend que les femmes mentent plus que les hommes, qu’en pensez-vous ? ».

Croire que cette technique est l’unique moyen d’aborder une femme et surtout que cela menera à une relation solide et enrichissante est faux. Le seul intérêt de cette technique c’est de travailler sur la peur d’aborder et la peur du rejet, de développer des qualités et de gommer les défauts. Bien employée cette technique permet simplement de ne plus bafouiller devant une femme, de ne plus rougir, ni stresser. Elle est là pour améliorer la gestion émotionnelle de l’expérience de l’abordage.

Utiliser la technique pour développer des qualités et des aptitudes voilà donc l’objectif de la technique. La question qui se pose alors est de savoir quelles qualités et aptitudes telle où telle techniques permettent-elles de développer ?

S’entrainer à faire le beau devant le miroir, fera de vous quelqu’un de fort à faire le beau devant le miroir. Mais en aucun cas cela fera de vous quelqu’un de fort en combat.

Par exemple un truc que j’ai remarqué chez les gens qui s’entrainent dans des styles où le travail se fait essentiellement seul, c’est que ces gens travaillant à l’occasion à deux, s’observent faire. Par exemple ils ont répété seul un blocage pendant des heures, et le jour où ils bloquent réellement un coup venant d’un partenaire, ils marquent un temps d’arrêt pour constater que leur blocage a fonctionné. Imaginez dés lors ces mêmes gens en situation réelle, ce temps d’observation pour se rassurer est une perte de temps dangereuse.

Là où il y a manque d’honnêteté de la part de ces gens, c’est lorsqu’ils s’étonnent que la technique n’a pas fonctionné lors d’une agression alors qu’ils s’y sont entrainés pendant 10 ans.

Généralement je réponds que je n’ai pas appris à parler devant un miroir.

L’important est donc d’être conscient de ce que peut apporter la technique, et surtout quelles sont les qualités et aptitudes qu’elle permet de développer en soi.

La technique, c’est une invitation de parcourir un chemin.

Pour le reste je fais confiance à ma créativité et mon adaptation pour changer de chemin en cours de route et faire qu’à chaque instant je sois toujours dans une position de départ au potentiel infini.

N‘oublions pas : sourions, respirons, faisons-nous du bien, et relâchons-nous !

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