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La voie du coeur (2)
Bonjour.
Cet article est une réponse aux différentes réactions suscitées par mon précédent billet.
Globalement l’accueil de mon précédent billet fût très positif et les nombreux retours que j’ai eu m’ont profondément touché.
Cependant certaines explications sont nécessaires, certaines remarques ont besoin d’être faites.
En premier lieu, mon objectif était de faire une analyse de mon cheminement. J’ai volontairement parlé de mon changement, sans trop focaliser sur les outils, les rencontres, les expériences que j’ai eu pour arriver là où j’en suis aujourd’hui.
Alors effectivement, on peut penser qu’un matin je me suis réveillé avec la vérité. Mais c’est faux.
Bien au contraire. Au départ, je pensais qu’en ayant compris un livre, alors je possédais la vérité. Mais force était de constater que de jour en jour, d’année en année, la quantité de livre augmentait drastiquement, mais ma qualité de vie était toujours la même.
Bref plus j’en savais moins je changeais.
La frustration était de plus en plus grande. Pour compenser je m’enfonçais encore plus dans l’accumulation de savoir dans l’espoir que cette fois j’aurais la bonne vérité.
Mais finalement, on m’a fait comprendre que j’étais dans l’erreur.
Le « on » est très important.
Cela, par contre, est arrivé par hasard, un weekend de novembre 2006. Un stage de Systema (art martial russe) dans lequel j’ai été invité par une personne rencontrée le week end précédent.
Jamais entendu parler de ces russes avant. J’étais plutôt à fond dans le kungfu, j’entamais ma 5ieme année de pratique à raison de 10h par semaine.
Je me retrouve donc dans un gymnase parisien, avec une trentaine d’autres individus que je ne connaissais pas, et l’instructeur Valentin Vassiliev, ancien membre des unités d’élites russes (spetsnaz) qui forme des gardes du corps en Allemagne.
Ce fût ma première confrontation avec la « réalité ». J’étais chez les grands. Quand je dis grand, je ne dis pas les bœufs écervelés que l’imagerie populaire associent souvent aux gens de métier d’arme. Bien au contraire, j’ai rencontré un homme, un vrai, instruit, rassurant, d’une grande gentillesse et humanité.
Ce qui m’a le plus impressionné c’est sa manière de bouger. La liberté exaltait de chacun de ses mouvements.
Du haut de mes 125kg de l’époque, je me sentais comme une tour imprenable. Surtout que le week end précédent je m’étais bien rassuré sur ma condition physique par un stage de combat au couteau.
Mais lorsque Valentin vint me voir pour travailler une dizaine de minutes avec lui, ma réalité s’est effondrée. J’étais aussi dangereux qu’un agneau de 2 jours. Ce qu’il a fait fût très simple: me mettre devant mes peurs. Il m’a désamorcé mentalement en moins de temps qu’il faut pour le dire.
J’ai expérimenté de la manière la plus directe et concrète qu’il soit, que j’étais incapable de réagir malgré tout mon savoir, et toute ma sueur à faire des belles chorégraphies chinoises.
Cela c’est fait en douceur. Aucune violence, aucune brusquerie, il m’a juste bloqué dans des situations auxquelles j’étais incapable de répondre à cause principalement de mes propres peurs et blocages mentaux. Ce qui je l’avoue était facile à l’époque :).
Alors bien sûr, on peut penser que ce que j’ai vécu était anecdotique. On reconnaît les maitres aux élèves. J’ai travaillé avec d’autres gens, pratiquants plus ou moins avancés dans cet art russe.
Et rebelotte.
Je suis sorti de là en me disant que vraiment ils sont forts. Non seulement l’instructeur est fort, mais ses élèves aussi. Il doit y avoir quelque chose à creuser.
Fort heureusement pour moi, j’étais dans la bonne disposition d’esprit. J’ai accepté la leçon et entamé la remise en cause.
Durant ce stage j’ai constaté que finalement ce qui caractérise un individu fort, n’est pas sa force, mais sa liberté d’action.
Donc le projet qui s’est mis en place fût principalement axé sur cette problématique : par quel moyen retrouver ma liberté d’action.
Et là effectivement il y avait du travail :).
Étant sensible à un discours psycho-corporel, j’ai été séduit par ce que j’ai vu.
Les restrictions dans la tête s’expriment par le corps. Comme le corps humain est un système complexe, on peut agir sur le mental en passant par le corps.
Cela permet entre autre une expérimentation rapide et concrète. C’était ce dont j’avais besoin. Un livre ne s’adresse qu’au mental. Comprendre un raisonnement ne vous fait pas vivre le raisonnement. C’est la limite des livres.
C’est d’ailleurs pour cela que dans la très grande majorité des livres de développement personnel, la première chose qui est dite est : « ce livre ne vaut que si vous expérimentez ce qu’il contient ».
Comme je dis souvent : « ce n’est pas parce qu’on a regardé un film X, qu’on a fait l’amour ».
Dés lors j’ai construit mon chemin. J’ai commencé à pratiquer à Paris le Systema. J’y ai rencontré des gens formidables, issus de diverses horizons. Chaque discussion est un enrichissement permanent qui élève mon niveau de compréhension et qui à chaque fois est confronté à la réalité par l’expérimentation.
Je suis parti en Allemagne, en stage, travailler avec le fils du fondateur de l’école de Systema que je fréquente. J’ai rencontré un jeune homme de 23 ans, lieutenant dans les unités spéciales de la police russe. Un stage intensif, une confrontation permanente avec la réalité, et un vrai travail sur moi dans ma reconquête de ma liberté. J’en suis revenu beaucoup plus souriant, détendu et relâché. J’avais appris à respirer dans le mouvement.
Beaucoup de blocages se sont levés. C’est ça la force de cette méthode: travailler directement sur les blocages, les tensions et inviter l’individu à y répondre.
Par la suite je suis parti à Moscou. Stage en immersion complète avec Mihael Ryabko, le fondateur de cette école. Cet homme est un général russe responsable de la sécurité intérieure, qui entra dans l’armée à l’age de 17 ans dans les unités d’élites et qui fût pendant 20 ans environs instructeur de combat et de survie.
Dix jours inoubliables au bord d’un lac dans un petit coin de paradis russe. Un petit groupe de travail, avec un traitement quasi personnalisée. Gestion du stress, gestion émotionnelle, travail respiratoire, développement de la sensibilité, de l’écoute, biomécanique, synchronisation, travail en équipe, tels sont les sujet abordés durant ce stage. Ce qui est intéressant de constater c’est que ces gens ne sont pas dans la projection. Ils ne cherchent pas à faire rentrer l’individu dans un moule, en lui promettant que ce moule est la solution à tous ses problèmes. Bien au contraire les outils qu’ils ont et qu’ils transmettent respectent au plus haut point la spécificité de chacun. Ils sont là pour servir l’individu à découvrir ses potentiels, à lui redonner la liberté d’action et de mouvement.
A l’issu de ce stage, j’ai été nommé Affiliate Instructor de la méthode Ryabko. Un nouveau défis pour moi. Expérimenter c’est bien, mais amener les gens à expérimenter c’est différent. Je suis rentré dans une nouvelle dimension, qui nécessite le développement de qualités spécifiques: être capable de montrer ce que l’on dit, prise de parole et assumer l’autorité sur un groupe d’individu, captiver l’attention des gens, être à l’écoute de l’état des gens et s’adapter en permanence pour faire avancer le plus grand nombre. Et sans pour cela se projeter sur le groupe ou les individus.
Je vous avoue cependant que je n’ai pas totalement arrêté de lire. Bien au contraire j’ai continué de lire, la seule différence étant l’expérimentation qui me permettait de m’approprier le savoir de manière réelle et concrète. Et non de me construire une illusion dans la tête.
Alors aujourd’hui, j’ai quitté ma tour, qui finalement me paraît après coup bien fragile malgré ses proportions impressionnantes. J’ai juste pris un petit sac et je voyage léger à la découverte du monde.
C’est ce que j’invite les gens à faire si eux aussi cela les intéresse.
PS: Merci à Daniel, pour le livre que tu m’as prêté. Je l’ai ouvert hier, et tout ce que j’y ai lu jusque là me conforte dans mon voyage.
Et n’oublions pas : sourions, respirons, faisons-nous du bien, et relâchons-nous !
Gratuit :
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février 11th, 2009 at 01:02
Oyé moussaillons!
Après:
» L’homme qui n’est pas né une seconde fois, marche toute sa vie dans les mocassins de son père »
(Pvb Cheyenne)
Nous voici:
« petit à petit l’oiseau fait son nid »
Et:
« Quand l’oisillon à percé un petit trou dans l’oeuf rien au monde le fera rester dedans plus longtemps »
Pour que:
« Ami où que tu sois, ne t’arrete pas là, il faut sans cesse aller de lumière en lumière »
(Silésius)
Sans oublier:
« C’est d’un roi que l’on tient cette maxime auguste: que jamais on n’est grand qu’autant l’on est juste »
(Boileau)
Pour en définitive entrevoir:
« L’immanence active: il faut faire le chemin en lui supposant un but pour découvrir que le but est le chemin »
(P. Degryse)
Elle est pas belle la Vie???
Respirez, souriez: vous êtes une fleur!!! ;)
Merci CoachDom pour ce partage.
février 11th, 2009 at 03:59
et j’ajouterai :
« Homme de la plaine, pourquoi gravis-tu la montagne ? Pour mieux regarder la plaine. » (Pvb chinois)
Effectivement, la vie est belle
:)
février 11th, 2009 at 10:24
Salut Plonky !
J’aime beaucoup ton blog, à la fois parce qu’il est enrichissant et parce qu’il me montre des pistes conjointes de recherche (avec les miennes, s’entend).
Il n’y a rien de plus excitant que de se découvrir, d’écrire son propre livre au travers de sa vie et de ses expériences=)
A bientôt. Vince (Mac de Kwoon)