Bonsoir,

Le syndrome de la page blanche est terrible. On culpabilise de ne pas écrire autant que voulu. Et plus l’on cherche un sujet intéressant, plus le vide apparaît.
Un blog, c’est du travail finalement :).
Fort heureusement, en puisant vraiment au fond de la mémoire, j’ai trouvé une perle qui illustre à sa manière cette expérience douloureuse.
L’histoire que je vais relater à ma manière, m’a été contée par une connaissance rencontrée en soirée. Cette histoire lui venait de sa grand-mère, il quitta son foyer son pays, à l’age de 15 ans, le jour où il comprit enfin cette histoire. Aujourd’hui il a 35 ans et une vie qu’il n’échangerait pour rien au monde.
Voici cette histoire :
Le peuple de la rivière.

Un peuple de petites créatures vivaient dans une rivière.
Personne ne se souvenait depuis quand, et surtout pourquoi ce peuple avait choisi ce bout de rivière.
Ce bout de rivière n’était pas très accueillant. Le courant était très très fort, beaucoup de remous, beaucoup d’écume…
A chaque instant, chaque être de ce peuple devait déployer une énergie énorme pour lutter contre le courant et vivre au sein de la communauté.
Beaucoup d’histoires atroces étaient racontées aux plus jeunes, relatant le sort tragique de ceux qui avaient un jour arrêté de lutter et s’étaient laissés emporter par le courant.
La lutte contre le courant était magnifiée. Beaucoup de fêtes venaient ponctuer la vie de ce peuple. Enfin il est dur de parler de fête, car comme la lutte contre le courant occupait 99% de leurs temps, il n’y avait pas beaucoup de raison de s’amuser. De plus ces fêtes étaient plutôt tristes. C’était encore des opportunités pour les anciens de raconter toutes sortes d’histoires sur ceux qui avaient failli, et de glorifier ceux qui avaient lutté toutes leurs vies, en se persuadant de leur bonheur.
Mais peu étaient dupes. Beaucoup voyaient bien l’idiotie de cette situation : « une vie passée à lutter contre le courant« . Et beaucoup finalement étaient tristes. Pourtant aucun ne voulait arrêter. La peur, les histoires entendues depuis l’enfance, le risque de mourir dans l’eau sans pouvoir se raccrocher…. Toutes les raisons étaient bonnes pour entretenir cette triste situation.
Surtout tout le monde luttait. Tout le monde s’encourageait. Gare à celui qui osait évoquer l’idiotie de la situation. Et celui qui parlait d’arrêter de lutter se faisait vivement remettre dans le droit chemin.
Mais un jour, un jeune en eu marre. Il ne se voyait vraiment pas passer toute sa vie à lutter. Ni mourir à n’avoir que lutté toute sa vie contre le courant. Il s’en foutait des histoires que l’on raconterait à sa mort pour endoctriner les nouvelles générations.
Il était intimement convaincu qu’il était fait pour vivre d’autres expériences. Connaître la joie, vivre et non survivre. D’autres aussi partageaient sa vision. Mais ils avaient peut être plus peur que lui.
Un jour donc, où le courant était très fort, il décida de lâcher prise. Sans avertir qui que ce soit. Sans décorum. Très discrètement il prit cette décision : « Quitte à mourir du courant, autant que je sois libre et non en train de lutter idiotement.« 
Les autres le virent emporté par le courant, ils se mirent à crier, à hurler. Mais finalement, ils étaient tellement occupés à lutter contre le courant qu’ils l’oublièrent bien vite.
Pour ce jeune, le courant fût méchant. Il avait plu quelques jours plus tôt, et la rivière avait gonflé.
Pourtant, il se dit que la seule chose pour survivre c’est de rester à la surface de l’eau et se laisser porter. Facile à dire. Il bût la tasse, toucha le fond plusieurs fois. Mais il s’était construit un corps robuste à force de lutter contre le courant ce qui l’aida à survivre.
Ce qu’il ne savait pas, bien sûr, c’est qu’à quelques centaines de mètres des turbulences où son peuple avait élu domicile, le cours de la rivière s’élargissait, le courant devenant du coup moins fort. A tel point que l’eau était calme comme celle d’un lac.
Quelle ne fût pas sa surprise de voir alors des êtres semblables à lui, venir vers lui. Tous l’accueillir avec le sourire. Il en reconnu quelques-uns qu’il croyait mort.

Pour la première fois de sa vie il fit l’expérience d’une vraie fête.

Tous lui racontaient comment ils étaient heureux, ils chantaient, dansaient, riaient…Et lui au milieu de ce petit monde, commença pour la première fois à penser à des projets différents que de simplement lutter contre le courant.
La suite de l’histoire, c’est à vous de l’écrire, finalement.
C’est quoi votre courant à vous ?
Gratuit:
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