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Systema : premier principe fondamental
Bonsoir,
Imaginez que vous bloquez le passage. Par qui aimeriez-vous être poussé pour laisser la place ?
Par :
- vos parents ?
- vos frères ou sœurs ?
- votre mari ou votre femme,(ou assimilé…) ?
- un ami
- un illustre inconnu qui n’en a rien à faire de vous et qui vous projette sur le coté dans un mouvement colérique ?
Pour ma part, je répondrais tous les choix sauf le dernier. Un illustre inconnu qui me projette sur le coté en colère aura tendance à m’irriter.
Je ne répondrais pas forcément physiquement, mais sa colère et son geste me mettront sûrement de mauvaise humeur.
Dans les autres cas, nous avons affaire à des gens pour qui nous comptons. Dans l’urgence ils essaieront de nous manipuler avec précaution, et même si le mouvement est brusque ou dur, notre ressenti sera différent et je doute que cela nous irrite.
Il faut noter que dans le premier cas, à cause de cette irritation, j’aurais tendance à résister à mouvement, alors que dans les autres cas je bougerais naturellement et même parfois sans en avoir conscience.
En fait la réalité est simple : nos gestes sont différents suivant la personne que nous avons en face.
La question que je pose maintenant est la suivante : Comment procéderiez-vous pour manipuler quelqu’un sans l’irriter ?
Pour ma part je la manipulerais comme je manipule mon frère ou ma sœur, ou mes parents, ou encore ma petite amie. De la sorte il ne ressentira pas ou peu d’irritation et naturellement suivra mes mouvements.
C’est drôle mais les gens ne veulent pas croire à ce principe. C’est tellement bête et simple.
L’année dernière, durant un stage avec Alex Kostiç (il revient cette année d’ailleurs, lisez en haut à droite), nous nous amusions à un exercice simple. Le but : que le partenaire nous mettent à terre par l’action d’un bras sous la gorge et du bassin qui se positionne en pivot dans le dos.
Mon partenaire était tellement crispé et peu confiant dans son geste, qu’il m’irritait et réveillait mon cerveau reptilien. Tout partout je clignotais en rouge « attention attention quelqu’un veux te faire tomber ». Alors comme un novice que j’étais, je résistais, surtout que le sol et moi ça fait deux (ou encore « le sol à l’époque n’était pas encore mon ami »).
Tout d’un coup je vois débouler Alex qui nous criaient » no, no, no, Do Not Disturb !!! » (non non non ne dérange pas). Et accompagnant le geste à la parole, il s’approcha de moi et je me retrouvais les fesses au sol, éclatant de rire, car je n’avais pas compris ce qui c’était passé à par la sensation de glisser sur un toboggan avec comme destination le sol.
Dangereux ça !! Je vais au sol sans que mes signaux d’alarme s’affolent ?? Nous recommençâmes plusieurs fois la manipulation et à chaque fois, j’étais de plus en plus désorienté par la facilité avec laquel j’allais au sol, sans que je me sente une seule fois en danger.
Je goutais pour la première fois au principe du DO NOT DISTURB, principe fondamental du Systema de l’école Ryabko.
Et effectivement, en analysant le processus, je constatais que simplement Alex se comportait comme le ferait un père qui veut faire assoir son gamin. Un geste ferme, un geste assuré, un geste tendre, un geste autoritaire, mais en aucun cas un geste irritant.
Et comme par enchantement, je suivais naturellement sans qu’aucun de mes signaux d’alarme s’allument.
Ce fût très bluffant.
Comment dés lors ne pas irriter en manipulant quelqu’un. Il suffit d’observer autour de soi, et en soi (pour les papas et mamans) :
- pas de gestes brusques;
- pas de gestes annonciateurs ou parasites;
- pas de passage en force;
- être doux et ferme (et non pas dur par manque de confiance);
- pas d’opposition, aller au maximum dans le sens du mouvement;
- toujours utiliser le plus court chemin;
- chercher à surprendre en masquant vos intentions dans vos mouvements;
- être relâché, détendu et souriant;
- considérer l’autre, non pas comme un ennemi, mais comme un ami que vous châtiez parce que vous l’aimez bien.
Si l’on prend un peu de hauteur avec cette liste, et que l’on transpose ces principes à la communication verbale, cela marche aussi.
Un dernier conseil : méfiez-vous des gens qui sourient tout le temps. Les employés de certains services de l’état sont spécialement formés à vous faire parler de la sorte. :)
Alors n’oubliez pas : Souriez, Respirez, relâchez-vous et faites vous du bien !
Gratuit :
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décembre 18th, 2008 at 04:52
Quel principe difficile à saisir et à acquérir!! Pour en revenir à la mise en situation où l’on est poussé par une tierce personne, je voudrai juste rajouter un élément à cette action.Je pense que le contexte y est aussi pour beaucoup, je veux dire par là que selon le lieu et le type de situation on est déjà plus ou moins formaté à répondre physiquement de manière différente.
Je prends le premier exemple: lorsque l’on est chez des amis ou dans un café ,lorsque je bloque le passage , je suis déjà plus ouvert psychologiquement si l’on vient à me pousser pour pouvoir passer.
Maintenant en second exemple, lorsque je suis à l’extérieur ( rue,métro,bus, « RER »…),je suis beaucoup plus sensible nerveusement à ce type de situation, et là je sais que personnellement j’ai tendance à me raidir, à résister au mouvement et en plus à m’offusquer plus facilement.
En fait, selon les personnes qui nous entourent et la situation dans laquelle nous nous trouvons,nous réagissons différement, tout du moins ce n’est que mon humble avis^^…
J’ai juste une petite anecdote concernant les principes de non-opposition… j’ai remarqué que depuis que je fais du systema ( bien que je n’en fasse plus que chez moi… snif),et grâce aux exercices de souplesse et de relaxation, mon corps réagit de lui même lorsque je tombe, j’entends par là, que depuis pas mal de temps (je touche du bois )je ne me foule plus les chevilles ou ne tombe par terre suite à une glissade ou autre car les muscles restent détendus et les articulations suivent le mouvement. C’est un automatisme et mécanisme assez surprenant mais qui évite pas mal de désagréments^^
décembre 18th, 2008 at 10:01
Bonjour Guillaume,
Merci pour ton commentaire très complet.
Je comprends parfaitement ce que tu veux suggérer quand tu parles de l’influence du contexte.
C’est en cela que se situe le travail de gestion émotionnelle.
Si tu es capable de gérer un individu malfaisant avec le même état d’esprit que si tu couchais ton enfant, alors tu as une bonne gestion émotionnelle.
Réfléchit bien à ce qui te pousse à agir différemment. Pourquoi entre amis c’est plus simple, que dans les transports ? Qui est responsable de ta réaction ?
Je me souviens sur la ligne B j’ai gentiment signaler en poussant un peu par la main avec le sourire à un monsieur cinquantenaire qu’il obstruait la descente de la rame. Il se mit à vociférer, à se tendre, à s’énerver.
Le fait est que nous descendions tous les deux à la même gare en terminus de ligne. Même quand nous étions assis quelques temps plus tard et que le wagon avait énormément désempli il continuait de me regarder de travers. Ses tensions sont les siennes. Je ne connais pas son histoire personnelle, mais en aucune manière je me sens responsable de sa réaction.
Il a choisit de se comporter ainsi, de croire que le simple fait de le prendre en défaut remettait en cause son intégrité ou son statut. Peut être n’avait-il pas supporter de ne pas avoir senti ma poussée qui était amicale.
Bref je n’en sais rien. Mais manifestement ce monsieur manquait cruellement de gestion émotionnelle.
Tu parles de la difficulté à saisir et acquérir.
Souvent je donne un exemple flagrant. Les gens sont capables de saisir quelque soient les circonstances la poignée de leur frigidaires pour ouvrir la porte de celui-ci. Par contre ils trouvent difficiles de saisir le poignet de quelqu’un.
C’est comme quand on pose des questions sur le non-contact à Mikhael. Il répond toujours : »Du non-contact vous en faites tous les jours. C’est ce qui permet aux gens de ne pas se rentrer dedans quand ils marchent dans la rue, ou encore de ne pas avoir d’accident en voiture ».
Dans la rue les gens savent s’éviter lorsqu’ils marchent. Par contre ils ont du mal à éviter un coup de poing. Pourtant c’est la même chose.
Concernant ta souplesse physique, as-tu remarqué que tu es aussi beaucoup plus souple dans ta tête ? que des situations qui auparavant te posaient problème aujourd’hui ne t’affectent aucunement ?
C’est ça aussi la vraie souplesse. :))
Continue l’entraînement et au plaisir un jour de nous rencontrer. :)
Porte-toi bien