Bonjour,

Ce qui était encore un gadget de luxe il y a 20 ans, et devenu aujourd’hui un outil indispensable. Il est présent dans notre vie, de la maison au bureau, en vacance comme au travail, je veux parler de l’ordinateur.

Nous y passons beaucoup de temps, 8h à 12h par jour pour les plus acharnés. Comme cela n’est pas près de s’arranger et que nous allons encore de plus en plus utiliser l’ordinateur dans nos vies, il est important de se questionner sur les effets sur la santé.

Je ne vais pas parler dans cet article de cyberdépendance, ou de rayonnements nocifs. Ce sont les arbres qui cachent la forêt. Je vais parler de quelque chose de beaucoup plus répandue : la mauvaise posture.

Les faits

Parlons études et chiffres avant de parler cause. Ces statistiques nous viennent principalement des USA, car ils ont été les premiers à s’inquiéter des maladies du travail liées à l’utilisation prolongée d’un ordinateur.
Voici quelques chiffres :

  • Une étude menée de 1986 à 1990 a révélé que 6 salariés sur 10 travaillant sur écran ressentaient des gênes oculo-visuelles (contre 4 sur 10 chez les autres salariés)
  • Chez DuPont Inc., aux Etats-Unis, sur les 535 accidents du travail dénombrés sur 2 ans, 81% étaient liés de près ou de loin au SCC (syndrome du canal carpien).
  • Une étude menée aux Etats-Unis en 1988 par le Northern California Kaiser Medical Care Program sur 1583 femmes enceintes a révélé un nombre conséquent de problèmes obstétriques chez les femmes qui, durant les trois premiers mois de leur grossesse, ont travaillé plus de 20 heures par semaine sur un micro-ordinateur…

Ce qui est intéressant dans cette liste c’est qu’elle met en évidence les trois principales zones impactées par l’utilisation d’un ordinateur :

  • La tête et en particulier les yeux car il y a nécessité de lire un écran
  • les bras et en particulier la main et le poignet, qui sont utilisés pour écrire au clavier, et utiliser la souris
  • le bassin et plus généralement le dos qui assurent le maintien sur la chaise.

Les causes

Le corps humain est une formidable machine à s’adapter, toutefois dans un certain espace de liberté. Lorsque trop souvent nous sollicitons le corps à ses limites, nous usons notre corps à cause d’une compensation excessive et répétitive.

Chacun a déjà fait l’expérience de dormir en voiture (comme passager évidement :)). Le corps trouve une solution « confortable » pour le sommeil. Cependant lorsqu’on se réveille, on a un peu mal au cou à cause de la tête qui penchait sur une épaule, les bras sont ankylosés à cause de compression sur les veines par la posture, … Il ne nous viendrait jamais à l’esprit de dormir toutes les nuits dans la voiture. A cela nous préférons le confort de notre lit.

Pourtant nous nous infligeons quotidiennement un tel traitement devant l’ordinateur. Certes pas aussi excessif que cette anecdote automobile, mais beaucoup plus répétitive car quotidienne.

Je vais en surprendre quelques uns, mais le corps humain n’est pas fait pour être assis. Cette position est la moins physiologiquement adaptée au corps par rapport à la position debout ou couchée.


Le dos humain n’est pas droit. C’est une spécificité de notre évolution qui a permis de faire de nous des marcheurs. Les singes par exemple n’ont pas le même dos que nous, le leur est plus droit, mais ils ont beaucoup plus de difficulté à marcher. Notre dos fait une forme de S aplatie, qui permet d’absorber entre autres les chocs et les pressions verticales. Il faut s’imaginer que nous avons un tas de muscle qui assure la cohérence de cette structure, et la répartition des tensions. C’est un joli modèle de tenségrité.

Étudions un peu les impacts de différentes postures sur le corps.

Voici la position « assis en avant ». Sur cette image il n’y a pas de bureau, mais nous prenons cette position lorsque nous penchons le buste vers le bureau et qu’une partie du poids se retrouve sur les coudes ou avant-bras. On remarque facilement que la lordose lombaire est très diminuée. Et qu’au contraire la lordose cervicale est très accentuée. De plus, le fait de maintenir les épaules en avant, provoque un relâchement des muscles associés dorsaux, qui vont avoir du mal à retenir le haut du corps en position debout. La tête va tomber en avant, on va à l’usage se retrouver avec une bosse sur le haut du dos et la tête décalée vers l’avant.

Voici une deuxième position très courante, la position dite « en arrière ». Tout le poids se répartit entre le bassin et le point d’appuis sur le dossier. Cette position impacte plus la cifose dorsale, et la lordose lombaire.
La courbure naturelle du coccyx est elle aussi modifiée. Il en ressort que dans une utilisation prolongée de cette position impacte considérablement la colonne vertébrale. En particulier des pincements vertébraux au niveau des lombaires. La formation d’une bosse au niveau thoracique du dos….

Globalement ces postures provoquent des déformations structurelles. Ces déformations sont surtout liées à des problèmes musculaires. Prenez un élastique et tendez le fortement de manière répétée. Au final, ce même élastique s’allonge, et a perdu un peu de son élasticité. C’est la même chose avec les muscles de maintien, ou muscle profond, et les tissus myofasciaux. Les muscles possèdent une élasticité. A force de trop solliciter cette élasticité, les muscles s’allongent… A force de maintenir certaines postures, on habitue certains muscles à être tendus inutilement. Et l’on force d’autres à être détendus. Ce qui habitue et conditionne le corps à maintenir ces postures et leurs défauts.

Pour les yeux, le problème est simple. Une contrainte principale des yeux est de maintenir la ligne des yeux sur un plan horizontal. C’est d’ailleurs pour cela que la posture des déficients visuels est parfois singulière : ils n’ont pas besoin de maintenir la ligne des yeux sur un plan horizontal.
Les yeux dirigent la tête. Si votre écran est désaxé à gauche ou à droite par rapport à votre corps, vous allez compenser par une rotation du cou. Si l’écran est trop haut ou trop bas, alors de la même manière la tête va être dirigée vers celui-ci créant alors des tensions au niveau du cou qui peuvent à l’usage se propager vers les épaules.

Ensuite, il existe un phénomène de réduction du champ de vision. Rester longtemps à fixer un écran, réduit fortement l’angle de travail des yeux. A force il y a une déperdition de la vision périphérique, compensée par une sur-mobilité des yeux, qui entraîne alors une fatigue oculaire.

Pour ce qui est des bras, le syndrome du canal métacarpien est provoqué par une compression du nerf du canal carpien.

Les symptômes les plus courants sont :

  • Picotement et engourdissement de la main et des doigts
  • fourmillements au niveau de la face palmaire des trois premiers doigts de la main, mais peuvent atteindre toute la main et même irradier au niveau de la face antérieure de l’avant bras
  • douleur qui persistent, même durant le sommeil
  • hypersudation, ou oedeme de la main

Cette compression du nerf du canal carpien a plusieurs causes :

  • l’ hyperextension du poignet (ce qui arrive lorsque les avants bras et la main ne sont pas alignés)
  • l’hyperflexion du poignet associée à la flexion des doigts (ce qui arrive lorsqu’on manipule une souris et que l’on clique en même temps sur les boutons ou sur la molette de défilement)

Les remèdes

Il n’y a pas de remède miracle. Bon ça c’est dit :)
Ce qui a pris du temps à se faire, mettra du temps à se défaire.


La principale chose à faire c’est de s’observer. Regardez comment vous vous asseyez. Maintenir le dos droit. Éviter le plus possible les deux positions vues plus haut. Idéalement il faudrait s’asseoir sur un tabouret. Naturellement le dos devra être droit, comme si un fil vous tirait vers le haut, par le sommet du crane.

Régulièrement, se dégourdir les jambes. Marcher est la meilleure solution. Ne pas rester assis trop longtemps.

Vous vous observez et remarquez un léger affaissement vers l’avant des épaules. Il suffit de s’appliquer à sortir le torse vers l’avant.

Petit à petit, vous gommerez les déformations structurelles. Mais c’est un travail de chaque instant. Il est illusoire de croire que la chimie ou même encore l’ostéopathie vous guériront des douleurs et des tensions si vous ne surveillez pas votre hygiène posturale. Tout au plus elles vous soulageront, mais ne permettent pas de s’attaquer en profondeur aux causes des déstructurations.

Vous avez passé votre temps à vous conditionner et faire de votre corps ce qu’il est. Alors il faut une implication de chaque instant pour lever ce conditionnement.

Pour les bras, il vous faut un petit clavier, au niveau des coudes. Le test le plus simple est celui du crayon à papier. Posez un crayon a papier entre votre main et votre avant bras, dans le sens du bras. Vous devriez être capable de taper au clavier sans faire tomber le crayon. Essayez pour vous donner une idée de l’alignement idéal avant-bras/poignet/main.

Pour les yeux, j’ai plusieurs conseils. Le premier est de vous inviter à sortir dans des grands espaces. En plaine par exemple, avec une vue dégagée et un horizon lointain. Bien sur, ne regardez pas vos chaussures, mais plutôt aussi loin que vous le pouvez. De la sorte, vous allez réélargir votre champs de vision.
Un autre exercice pour les plus citadins d’entre-nous : lorsque vous marchez dans la rue, ne fixez rien et essayez de stimuler votre vision périphérique. Dans les transports en commun, fixez un point et essayer de compter le nombre de pages tournées par vos voisins qui lisent des magazines. Évidement c’est flou, mais l’important est de travailler sur la détection de mouvement.
Faites aussi de la gymnastique oculaire : tournez les yeux dans un sens, dans l’autre, essayez de dissocier les mouvements de l’un et l’autre.
Et bien sûr, placer votre écran idéalement pour que vous ne soyez pas obligés de vous contorsionner la tête pour lire, ni trop haut, ni trop bas.

J’ai essayé de traiter de l’hygiène posturale devant un pc, car nous sommes tous de plus en plus impactés par cet outil, que cela soit pour le travail, ou la détente. Cependant il ne faut pas se limiter à cela. On s’assied aussi à table, devant la télé, dans la voiture ….

L’essentiel est de savoir que nous sommes avant tout notre propre maître. Et que la rééducation et la correction de l’hygiène posturale se fait en s’observant et en se corrigeant autant que possible de manière engagée et permanente.

Ne surtout pas attendre que les douleurs deviennent permanentes et s’intensifient. Chaque douleur est un message du corps. Si vous ne l’écoutez pas il passera aux gros moyens… (je ne préfère pas en parler :))

Mais bon le plus important c’est : Souriez, Respirez, Relâchez-vous et Faites-vous du bien !!

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