Bonjour,

J’aimerais dans ce billet parler de la notion de combat de survie et de combat rituel.

Pour commencer, qu’est ce qu’un combat de survie ? On le définit comme un combat inter-espèce dans un contexte de prédation : l’un veut manger l’autre.

Le combat rituel, lui, concerne généralement deux individus d’une même espèce. L’enjeu n’est pas la prédation, mais la soumission. Il concerne essentiellement les individus mâles et effectue une sélection des mâles les plus forts pour la fécondation des femelles.

Pour imager un peu, le combat de survie, c’est un taureau face à un lion, et le combat rituel, c’est deux taureaux qui se battent pour savoir qui va féconder la génisse.

Pourquoi lors d’un combat rituel, l’enjeu n’est-il pas la mort ? Simplement une question de stratégie globale de survie de l’espèce. Si le mâle dominant tue tous les autres mâles, que se passe-t-il s’il venait à disparaître avant de transmettre ses gènes ?

C’est pour cela que les mâles dans beaucoup d’espèces animales (et nous hommes inclus) sommes neuro-physiologiquement programmés au combat rituel et à la soumission.

Les femelles (et femmes incluses) ne connaissent que le combat de survie, en particulier pour sauver leur portée d’un prédateur qui a faim.

Voilà donc une distinction fondamentale entre l’homme et la femme.

Cependant, l’homme est quasiment la seule espèce à faire du combat de survie un combat intra-espèce. Ce qui n’est pas sans problèmes.

On comprend plus facilement pourquoi les armes deviennent de plus en plus automatiques et avec une portée plus grande.

Pendant la première guerre mondiale, certaines expériences ont été faites. A l’époque, les fusils étaient à 1 coup, il fallait réarmer pour tirer. Donc le processus était d’armer, viser, tirer, et armer …
Les militaires se sont rendus compte qu’en introduisant des fusils qui étaient légèrement déréglés, ils obtenaient des troupes de meilleurs taux de touche chez leurs soldats.

En fait les soldats non préparés, mâles à 99%, subissaient la programmation au combat rituel et pouvaient inconsciemment dévier le canon au moment de la visée et du tir pour ne pas tuer l’adversaire.

Les fusils automatiques ont d’ailleurs permis de s’affranchir de cette étape de visée, on arrose dans le tas et tant mieux si ça touche. Le tireur n’est plus mis face à son acte qui est de retirer la vie à une cible qu’il doit observer.

C’est aussi pour cela que l’entraînement des tireurs d’élites est beaucoup plus poussé. Contrairement au soldat de base, il élimine des cibles bien précises, qu’il se doit d’observer pour les tuer.

Tout ceci pour montrer combien le rituel est ancré chez les hommes. Il s’agit d’une véritable programmation.

Le souci avec la programmation, c’est que tout est connu d’avance. Il n’y a pas de liberté d’action. Vous réagissez d’une manière connue et programmée, à un stimuli.

Le combat rituel cherche la soumission d’un des belligérants et commence bien avant la phase finale physique. C’est un processus d’escalade de la tension, qui part de l’attitude à distance, jusqu’à en venir aux mains. A chaque étape on cherche à montrer qui est le plus fort, et à provoquer le renoncement de l’autre.

Je pars du principe que j’aime tout le monde. Donc je n’ai aucune raison d’entrer en conflit avec quiconque. Si un individu s’amène à moi de manière mal intentionnée, quels vont être mes choix ? Selon le rituel, et la programmation dont je suis « victime », soit je me soumets, soit je réponds à la provocation par une provocation au moins équivalente.

Dans les deux cas, je considère que j’ai perdu. Pourquoi ? Premièrement, je me soumets face à un potentiel, donc j’ai perdu. Deuxièmement, je réponds à la provocation par une provocation, donc j’accepte les règles de l’autre, je ne suis pas libre de ma réponse, et je me soumets à l’idée d’un conflit (je rentre dans la frame de l’autre pour les amateurs de site de séduction).

Si je décide de répondre à la provocation, je suis une victime psychologique de la situation. Je me retrouve à agir de manière programmée. Et même si au final je gagne, j’ai été forcé par ma programmation à le faire et à m’exposer au danger. L’autre ne s’est pas forcément imposé physiquement, mais au moins il m’a imposé sa volonté.

Donc l’on remarque bien que, quelle que soit l’attitude proposée par le rituel, le champ d’action est restreint, et surtout on est victime à coup sûr, (surtout qu’il n’y a pas forcément de génisse en guise de compensation).

Le rituel est partout, il est même encensé par la propagande glauque: compétitivité, effort, surpassement … On le retrouve partout, pas simplement dans la rue face à un inconnu.
Au boulot, en couple, entre amis, au supermarché, dans les bars, enfin presque partout où quelqu’un essaye de s’imposer face à un autre.

Solutions ? La Troisième voie :)

Là encore, il n’y a pas de remède efficace en 3 minutes.

La meilleure chose à faire c’est de cultiver la créativité. Une fois conscient de cette programmation, il est plus facile de s’en sortir. Pour s’entraîner au début il faut recenser les principales situations courantes de conflit dans notre vie, et se poser 5 minutes pour y apporter une réponse qui n’appartient ni au domaine de la soumission, ni au domaine de la résistance.

Lorsque ce conflit réapparaît, il suffit d’essayer ces nouvelles réactions.

Petit conseil de psychologie : en cas de conflit, l’attaquant a tendance à faire endosser la responsabilité à la future victime. C’est plus facile à gérer émotionnellement. Une solution créative est, sans répondre à la provocation, de mettre l’attaquant face à ses responsabilités, et aux conséquences de ses actes. Pour cela, il suffit d’utiliser une information (réelle ou imaginaire) dont il n’a pas connaissance, et qui soit suffisamment grosse pour qu’il soit obligé de se remettre en cause.

Parfois, il faut faire preuve de soumission contrôlée. Une stratégie très intéressante, car il s’agit non pas de se soumettre par dépit, mais de se soumettre en contrôlant celle-ci. Cependant le point important, dans ce processus de soumission, c’est d’amener l’attaquant dans un domaine qu’il ne maîtrise plus et là vous avez l’avantage. De surcroît, la soumission contrôlée est très efficace car vous maintenez l’attaquant dans l’illusion de supériorité, jusqu’au moment où vous reprenez effectivement le dessus.

Une illustration plutôt physique de la soumission contrôlée, est typiquement la réaction face à un individu qui vous pousse. Si l’on se soumet, on lui tend notre portefeuille puis basta. Si l’on ne veut pas se soumettre, la plupart des gens, résiste à cette poussée. Ce qui est bien idiot. Car il y forcément un plus fort que l’autre. La soumission contrôlée consiste à se soumettre à la poussée, donc de l’accepter. Cela va généralement déséquilibrer le pousseur qui se retrouve alors dans une position défavorable. Si de surcroît vous savez tomber au sol, vous pouvez entrainer le pousseur et reprendre le dessus au sol.

Une autre illustration, très courante, est l’attitude de l’agressé lors d’un coup. Soit par peur, soit par résistance, il va se contracter au moment de l’impact. Tout son corps va se tendre, pour montrer qu’il peut encaisser le coup. JE SUIS LE PLUS FORT. Prenez un ballon de baudruche plein et pressez le, que se passe-t-il ? Il se déforme et explose. Ben là, physiologiquement c’est la même chose. En apprenant à expirer, au moment de l’impact, c’est comme si vous dégonfliez le ballon de baudruche, il n’explose plus, et l’énergie du choc se dissipe. Mais pour cela il faut accepter la frappe, il faut « se soumettre » de manière contrôlée.

Bref, ces illustrations, très imagées, permettent de comprendre le principe de la soumission contrôlée. Il s’agit ensuite de faire appel à ce principe dans des situations plus verbales, ou relationnelles. Car fort heureusement, nous n’en venons pas tout le temps aux mains.

Respiration, écoutes, créativité, adaptation voilà les maîtres mots qui permettent de se défaire du rituel et de mieux vivre :)

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