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Gestion du stress et respiration (première partie)
Bonjour,
Aujourd’hui, je voudrais développer un thème cher à la plupart des méthodes de gestion du stress et de relaxation : la respiration.
Pour commencer je vais raconter plusieurs anecdotes qui ne sont pas liées entres elles et qui apportent un point de vue original au sujet de la respiration.
Il y a quelques années de cela, alors que j’étais encore un jeune étudiant, je me retrouve à ma gare préférée à descendre du train. Dans un geste réflexe, j’en profite pour sortir une cigarette que je m’empresse d’allumer pour combler un peu l’attente du bus qui me mènerait à la maison.
J’avais remarqué un groupe de 3 personnes un peu itinérantes, on va dire, habillées de tunique orange, crane rasé, avec une queue de cheval. Bref des adeptes de krishna me disais-je intérieurement.
L’un deux s’avança vers moi pour me demander une cigarette. Schémas classique d’abordage, qui n’a pas que des inconvénients, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de rencontres que j’ai fait ainsi, la cigarette aidant à briser la glace.
Bref, je me déleste de cette offrande, l’original ayant les yeux reconnaissants, je sens qu’il veux me parler un peu plus. Bref pourquoi pas, mon physique de père noël incite souvent les gens à la confidence. Et là, surprise, il me pose une question intéressante : « pourquoi la cigarette c’est bon pour le corps ? ».
Alors effectivement je ne sais quoi répondre, étant un fumeur honteux, bercé par la propagande d’état qui me fait culpabiliser à chaque bouffée, je n’arrive pas à trouver une réponse valable.
Face à mon air décontenancé, il me regarde sérieusement et me dit d’un air convaincu : « La cigarette te fait prendre conscience que tu respires ».
Ce n’est que ça ?? me disais-je intérieurement. Mais quel rigolo. Bref, face à mon incompréhension, il rejoignit ses amis tout en me remerciant une dernière fois.
Je ne réalisais pas à l’époque que je parlerais de cette rencontre anodine bien plus tard. Mais aujourd’hui je me rends compte que c’est presque la première graine qu’on avait semée en moi.
Dix ans plus tard, je fume encore. Je l’avoue simplement, j’ai bien du mal à vraiment en finir avec toutes les mauvaises habitudes du Nerd, la dernière bataille qui reste étant la cigarette.
Bref je me retrouve en juin dans un bus qui part de Moscou, pour m’emmener vers le camp d’entraînement du stage de Systema. J’y fais la connaissance de mes futurs partenaires de jeu. Lors d’une halte à la pompe, j’en profite pour me griller une petite vite fait. En remontant, un instructeur polonais avec qui j’avais bien sympathisé, me fournit une explication bien inédite pour moi, en m’interpellant par une question: « pourquoi les gens disent que la cigarette ça détend, alors que c’est bourrée d’excitants ? »
Oui effectivement, encore une contradiction de plus. Alors je suis un peu embêté, surtout que je venais rapidement de lui expliquer que je me déstressais avec la cigarette. Je me sentais un peu pris par cette contradiction.
Avec un regards plein d’amusement, il m’explique alors que si cela déstresse, c’est uniquement dans la manière dont les gens fument, le fait de concentrer l’esprit sur l’inspiration et l’expiration, qui sont plus profondes qu’à la normale. Je reste un peu dubitatif, mais j’en profite pour lui raconter l’anecdote du quai. D’un air de plus en plus amusé il me dit « on t’avait déjà donné la réponse, mais tu ne voulais pas la comprendre ».
Bref s’ensuit une discussion très intéressante avec ledit instructeur qui se révéla être docteur en psychologie. Cela ne pouvait qu’attiser ma curiosité.
Je laissai cela dans un coin de mon cerveau en me disant c’est bien beau la respiration, le stress, tout ça, mais bon pour l’instant ça ne reste que des mots pour moi.
Le coup décisif vint 3 jours plus tard. L’instructeur du jour est Konstantin Kamarov, un des meilleurs spécialistes de la survie, docteur en psychologie de combat et sorti major de l’école du KGB, ce que j’appelle moi un ovni :). Bref, comme le thème du stage était la survie, il ne pouvait pas mieux tomber.
Par un exercice fort démonstratif, il nous a montré que la plus importante chose en matière de survie, c’était de survivre face à soi-même. Et ceci par la respiration (comme par hasard).
Nous étions en haut d’une petite falaise en terre d’une vingtaine de mètres qui bordait un lac. En premier lieu, il nous demanda de descendre jusqu’à l’eau et remonter au point de départ le plus rapidement possible. Nous nous exécutâmes et 2 minutes plus tard nous étions tous essoufflés à prendre notre pouls devant lui. Verdict : nous étions tous au dessus de 150 pulsations par minute.
Il nous explique alors ce qui venait de se passer. Simplement nous avions laissé le contexte prendre possession de notre esprit. Cette situation de descendre en courant dans une falaise et l’apparent danger de la situation avait totalement absorbé notre esprit, générant des tensions psychologiques et par conséquence des tensions physiques. Nous avions subi la situation, et notre respiration ne reflétait que notre état de stress intérieur.
Il nous demanda alors de refaire l’exercice, en nous concentrant uniquement sur notre respiration. En adaptant celle-ci, si nécessaire, à l’effort physique, mais en se préoccupant uniquement à respirer confortablement et calmement.
Nous nous exécutâmes et, surprise, nous fîmes le trajet en moins de temps que la première fois, personne n’était essoufflé et surtout personne ne dépassait les 120 pulsations par minute.
Cette fois là, en nous concentrant sur la respiration, nous avions empêché qu’un élément extérieur prenne possession de notre esprit, et donc nous avions arrêté de subir la situation.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là de jouer avec cette falaise et la respiration. On l’a descendue en aveugle, à reculons, les mains dans le dos, guidé par la voix d’un autre, bref que de situations de plus en plus stressantes, et à chaque fois en se concentrant sur la respiration, nous réussissions à repousser nos propres limites et à ne pas subir le stress.
Je vais m’arrêter là pour le moment, et dans une seconde partie j’expliquerai plus en détails cette nécessité de savoir bien respirer et comment par cette respiration, gérer les situations « stressantes ».
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octobre 7th, 2008 at 04:27
Très intéressant mais dans le cadre d’une situation impliquant une réflexion intellectuelle (réunion, entretien d’embauche, agression verbale)ou physique « non automatique » (agression physique, situation d’urgence nécessitant des gestes techniques) comment se focaliser sur la respiration pour arriver à gérer son stress?
octobre 7th, 2008 at 07:02
Merci pour cet article, je sais que la respiration à un rôle important et depuis un moment je cherche des moyens de la travailler, ou comment faire pour être plus efficace mais je ne pas pu trouver d’articles l’explicant avant celui-ci.
J’attends la suite avec impacience.
octobre 26th, 2008 at 12:03
Je vous livre mon témoignage du jour.
Je pars en randonnée, en groupe. J’avais vu Marche de 3 heures, niveau facile.
Je pars à l’assaut de la montagne, portée par ce mot facilité.
Plusieurs points de vue
Le premier : le mot facile est un mot subjectif.
Pour la randonneuse qui fait des marches depuis des années, aguerrie, c’est facile.
Pour une parigote qui arrive dans une région inconnue qui marchait le moins possible, c’est difficile.
Je montais, je peinais, je perdais mon souffle, j’avais la tête qui tournait le dénivelé était très raide, 750 mètres pour une débutante… Je laissais les autres grimper et m’appuyais à un arbre.
Je me suis demandé : « comment retrouver calme et douceur et surtout…ma respiration ? »
Je n’entendais plus le silence et j’avais en-vie de le sentir, le respirer et l’écouter.
Ma respiration, de fait, avec cette volonté, cette en-vie s’est calmée, ralentie en prenant appui sur ce magistral, majestueux, montagneux silence.
Trouver comme maitre de volonté, d’apprentissage le silence pour l’écouter et m’écouter respirer de nouveau, a été ma recette.
octobre 26th, 2008 at 13:39
Bonsoir Pascale.
Merci de nous partager votre expérience.
J’ai envie de vous répondre sur deux points.
Le secret de la respiration ne réside pas dans une quelconque technique secrète/ancestrale/mystique… Il suffit juste de se programmer à s’observer respirer. De la sorte vous constatez de vous même l’impact d’une situation sur votre respiration, et en focalisant votre attention sur elle, les tensions psychologiques disparaissent.
Comment avez-vous abordé cette randonnée ? N’étiez-vous pas en train de pester contre vous-mêmes de vous être faite avoir sur le mot facilité ? N’étiez-vous pas en train de vous dire que ce n’était plus de votre age, que vous n’aviez pas la bonne condition physique pour ce genre d’activité ? Presque vous en vouliez vous de vous être laissée entrainer dans cette aventure.
Voilà où se cachaient toutes les tensions psychologiques ! Qui vous ont fait souffler et suer jusqu’à cette halte près de l’arbre.
C’est assez drôle mais finalement j’avais saisi ce mécanisme bien avant ce stage à Moscou.
Plus jeune, j’allais souvent en randonnée dans les alpes. Et rien n’était plus éprouvant que les montées longues et inlassables.
Mais dés qu’il s’agissait de redescendre vers la voiture, mon frère et moi étions soudains revigorés et enthousiastes au point de courir tout du long du retour.
Cependant, il est beaucoup plus facile sur le plan biomécanique de monter que de descendre. La montée est donc bien moins fatigante musculairement et articulairement parlant que la descente.
Donc il y a contradiction. En fait, la montée signifiait aller vers l’inconnu, ne pas savoir quand cela s’arrête. Quitter un confort. Alors que le retour, c’est revenir au bercail, le terrain est connu, et c’est limité dans le temps. La disposition psychologique est différente. Et les tensions associées aussi. Ce qui transformait la montée en un calvaire et la descente comme une délivrance.
Et pourtant le geste est plus facile lorsqu’on monte que lorsqu’on descend.
C’est drôle non ?
octobre 31st, 2008 at 07:53
N’étiez-vous pas en train de pester contre vous-mêmes de vous être faite avoir sur le mot facilité ?
Je trouvais intéressant d’avoir oublié la suggestibilité d’un mot pour chacun d’entre nous.
N’étiez-vous pas en train de vous dire que ce n’était plus de votre age, que vous n’aviez pas la bonne condition physique pour ce genre d’activité ? Presque vous en vouliez vous de vous être laissée entrainer dans cette aventure.
Non plus. Je réalisais que les difficultés passées de la semaine avaient eu plus d’impact sur moi que j’avais pu le penser. Je réalisais que le fait d’accepter de s’arrêter parfois pour reprendre du souffle, une réflexion permettait de mieux franchir les étapes. Je pense que chacun a sa propre méthode et que les interprétations sont nombreuses, de fait, vous en avez eu spontanément deux, sans me connaître :)
L’idée de monter est aussi liée à atteindre un objectif et écouter ce que l’on peut se dire, c’est pour moi, mener de front un combat contre son égo et les assertions parentales.
octobre 31st, 2008 at 09:22
« Je pense que chacun a sa propre méthode et que les interprétations sont nombreuses, de fait, vous en avez eu spontanément deux, sans me connaître :) »
Si l’on se réfère au dernier article sur le miroir humain. Je viens maladroitement de me dévoiler :))
J’espère que votre séjour fût plaisant et bénéfique.
Cordialement