Bonjour,

J’ai décidé d’écrire ce billet pour participer à l’initiative A la croisée des blogs qui chaque mois propose d’écrire sur un thème imposé au sujet du développement personnel. Pour Octobre, le thème est « vaincre la peur ».

Cela tombe bien, j’ai de la matière à fournir :)

Pour les lecteurs réguliers de ce blog, vous savez, ô combien, que ma préférence se tourne vers des solutions pratiques qui engagent de manière globale l’individu (corps/esprit). Ce que l’on appelle des thérapies corporelles. Vous savez aussi que je puise mon expérience et mes sources du Systema, une pratique utilisée pour former les unités d’élites russes.

Donc vous ne serez pas surpris si pour vaincre la peur, je propose un exercice qui allie visualisation et endurance.

Rentrons dans le vif du sujet.

La peur en soi n’est pas nocive. C’est un sentiment qui trouve son origine dans les mécanismes de survie de l’individu. Sans la peur, nous n’aurions sûrement pas survécu tous ces millénaires dans un environnement hostile. La peur est nécessaire à l’individu, elle lui permet d’être conscient des conséquences néfastes d’une situation, d’une décision, d’un acte.

Là où la peur devient un frein, c’est lorsqu’elle est si intense qu’elle engendre tout un tas de réponses physiologiques qui freinent voire empêchent l’individu d’agir. Cela est en partie un héritage de notre vieux passé, où nous étions beaucoup plus exposés aux prédateurs qu’aujourd’hui. Je vais faire une référence à un film d’anthologie (rires) Jurassic Park.
Souvenez-vous de la scène où le héros ordonne aux autres de ne pas bouger alors que le gros dinosaure affamé est à quelques mètres. La raison invoquée est que le système de vision du prédateur est basé sur la détection de mouvement (un peu comme certaines alarmes actuelles).

Il était donc essentiel de savoir faire le mort, d’être immobile, en réponse à la peur. Fort heureusement nous ne vivons plus au temps des cavernes, et mélanger les chromosomes de grenouille et de dinosaure n’est pas près d’arriver. Cependant, ce réflexe d’immobilisme perdure bien souvent sous une forme psychologique. On retrouve donc un certain nombre de stratégie comportementale, où la peur engendre des blocages psychologiques, des attitudes irrationnelles qui entravent l’individu malgré toutes les considérations pratiques.

Bon je vais terminer bientôt cette partie qui devient plus longue que je ne le voulais et comme vous savez, il n’est pas nécessaire de savoir pour faire .

Physiologiquement, la peur engendre une réaction neuro-immuno-endocrine. Un cocktail d’hormones est produit par le corps pour préparer le corps au stress : cortisol, noradrenaline …

Or, il existe un autre phénomène qui engendre des réactions similaires: le stress cardio-respiratoire. Phénomène bien connu de tous les sportifs de la semaine et du dimanche. Ce stress cardio-respiratoire apparaît lors d’un travail d’endurance. Une grande fatigue est ressentie encore et encore jusqu’à l’apparition de ce que l’on nomme second souffle, réponse du corps face à ce stress. Généralement, les gens s’arrêtent avant l’apparition du second souffle, s’ils tenaient un petit peu plus longtemps, ils laisseraient le corps s’adapter aux contraintes et trouver un mode de fonctionnement plus efficace. Encore une fois on est aussi confronté à la zone de confort et à la petite voix qui nous dira d’arrêter car c’est trop inconfortable. Pourtant aujourd’hui donnez-vous la chance de constater combien le corps est merveilleux et qu’il s’adapte.

Laissez votre corps faire son boulot.

Donc le principe de l’exercice est simple. On va utiliser la capacité d’adaptation du corps face au stress cardio-respiratoire pour amoindrir l’impact physiologique (et psychologique) d’une peur qui vous entrave. Le moyen de lier les deux est la visualisation.

Dans la pratique :

  • avant de commencer votre activité sportive, installez-vous dans un endroit calme et en retrait (sous un arbre dans le parc où vous faites votre jogging par exemple);
  • par visualisation, vous allez vous imaginer des situations où vous êtes confronté à la source de votre peur. Prenons l’exemple de la peur des serpents. Vous allez imaginer être entouré de serpents, des serpents partout, qui grouillent, qui sifflent, certains vous touchent, d’autres vous tombent dessus (ça fait un peu Indiana Jones :) ). Bref, il faut vraiment que vous vous sentiez aussi mal que si vous viviez l’expérience en réel. Accordez-vous 10 minutes environ pour atteindre cet état;
  • ensuite, commencez votre activité d’endurance (course à pied, vélo, rameur, marche forcée …. non, pas de sexe c’est contre-productif) restez concentré sur l’objectif qui est d’atteindre le phénomène de second souffle;
  • persévérez vraiment, faites taire la petite voix qui vous dit que ça fait mal, qu’on serait mieux dans le canapé à regarder des bêtises à la télé, bref continuez. Cela devrait durer entre 15 et 20 minutes;
  • une fois le second souffle atteint, continuez un petit peu, de toute façon c’est plus facile d’un coup car le corps s’est adapté;
  • et voilà c’est fini, à la douche, car vous avez bien transpiré.

Ce qui se passe, c’est que vous forcez le cerveau à apprendre comment gérer ce cocktail hormonal en y apportant une réponse physiologique. La prochaine fois que vous serez face à la peur, votre cerveau s’adaptera plus facilement. La peur aura moins d’effet, en particulier vous serez moins sujet à l’immobilité (physique ou psychologique), et surtout vos ressources intellectuelles pourront être sollicitées pour apporter une réponse adaptée, originale et non pas conditionnée face à la situation.

Recommandations :
Ne pas faire l’exercice plus d’une fois par semaine (simplement, pour ne pas faire d’association néfaste entre la peur et l’exercice physique bon pour votre corps :) ).
Faites l’exercice une fois par semaine pendant un mois. Vous devriez ressentir rapidement les effets.
Cependant, on n’éradique jamais la cause première de la peur, donc il sera utile parfois de faire une piqûre de rappel de temps à autre.
Si vous êtes suivi par un thérapeute, n’hésitez pas à lui parler de cet exercice, il pourra sans problème y apporter un éclairage ou des suggestions de travail adaptées à votre cas personnel.

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